[PSN] Red Johnson’s Chronicles

Red Johnson’s Chronicles est le nouveau jeu de Lexis Numérique, studio dirigé par Eric Viennot à destination du PSN.

Finalement, ça faisait un bon moment qu’un bon jeu d’aventure n’avait pas atterri sur consoles, hormis les productions Telltale. Reprenant l’univers de Metropolis Crimes sorti sur DS il y a un peu plus d’un an et demi, Red Johnson’s Chronicles (RJC) met en scène Red, détective privé dans la ville de Metropolis, qui se voit confier une enquête dont la police (et son officier boulet) ne peuvent se charger.

Le premier écran du jeu

Comme bon nombre de jeux d’aventure PC/DS, tout se passe via écran fixe. Le gameplay est parfaitement adapté à la manette, contrairement à ce qu’on aurait pu penser, et est plutôt réactif. Le joystick gauche pour déplacer le curseur, le droite pour intervenir dans les séquences d’énigmes/dialogues, et une touche permettant aussi de zoomer, même si ce n’est finalement pas très utile. Il ne manque qu’une touche pour accélérer un peu le curseur lors de certains aller-retours pour que tout soit parfait.

On se ballade ainsi dans quelques décors très bien détaillés (dont pas mal d’intérieurs), aux graphismes soignés et aux tons très 50’s/sépia/vieillis qui donnent un cachet assez agréable à l’ensemble. Les personnages sont plutôt réussis, même si ils manquent un brin d’animation mais collent bien à cet univers plus sombre que l’opus DS.

Intérieur

Le centre du jeu reste tout de même le triptyque exploration/dialogues/résolutions d’énigmes. Et là, il faudra s’accrocher. Si l’exploration reste finalement assez peu présente (un plus à mon sens, ceux qui ont passé trois heures à chercher un objet de deux pixels de large me comprendront), le niveau des énigmes est lui assez redoutable : on retrouve les grands classiques du genre (la pompe que l’on doit remplir avec quatre litres d’eau, disposant de récipients de trois et cinq litres), les énigmes tirées de l’épisode DS (l’énigme du coffre et du tarot…) ainsi que de joyeuses petite nouvelles qui vous mettront les neurones à l’envers. Habitué de ce type de jeu, j’ai souffert sur les énigmes à base de taquin, mais joyeusement explosé celles utilisant des chiffres. Surtout que la perversité des développeurs a été jusqu’à noter des chiffres un peu partout sur les décors : tuyaux etc…

Les dialogues sont eux parfaitement écrits, ce qui était pourtant le principal défaut de Metropolis Crimes. Plaisants à suivre, il faudra être attentif à tout pour ne pas se planter de conclusion. Quelques cinématiques faisant intervenir parfois des QTE sont présentes, avec un cachet noir et blanc bien fichu,qui ne vous laisseront que peu de temps pour réagir.

QTE, es-tu là ?

Pour vous aider dans toute cette enquête, deux petits plus bien agréables : la liste d’objectifs vous permettra de ne pas rester coincé trop longtemps au même endroit, vous permettant de vois quelles situations n’ont pas encore été exploitées, sans jamais trop en révéler, et le système d’indice payant permettant de trouver un coup de main sur une énigme précise, l’argent se gagnant, tout comme dans un Layton, au fur et à mesure de la résolution.

Exemple de dialogue

Là où le bât blesse, c’est le scénario. Finalement, tout est trop classique, s’enchaîne trop facilement, sans aucun surprise. Seul le rebondissement final donne envie de connaître la suite tant l’aventure est prévisible.
De même, alors que les doublages (en anglais, sous titrés français) sont bien interprétés, la musique qui devrait être un point fort du jeu et un élément moteur de l’immersion est bien trop discrète, alors que les compositions sont plutôt sympathiques avec leur ton groovy. Cela ne suffit pas à gâcher ce bon jeu, mais laisse un goût d’inachevé décevant.

Pour une somme (modique) de 9,99€ (et une taille disque de 1,5 Go si je me souviens bien), l’aventure, qui vous prendra entre 5 et 8 heures, vaut vraiment le coup d’œil. Une bonne surprise dans le monde du téléchargement, aux antipodes des DLC faits à la va-vite.

Eraziel