X-Men : First Class

Aaaaah les X-Men… Mes premiers compagnons dans ma passion pour les comics. Pas forcément les plus charismatiques des personnages Marvel, mais de vrais héros avec de vrais problèmes. Découverts au début des années 90 grâce à la superbe série animée (que e plaisir à cette époque, entre les X-Men et Batman : The Animated Serie), ils n’ont eu de cesse de m’accompagner tout au long de mon voyage dans le monde comic-book.

Après une très bonne première trilogie ( oui, même si X-Men 3 est un cran en dessous des deux autres opus, je persiste et signe en disant que c’est un bon film, qui reste fidèle à la saga malgré le trop grand nombre de scènes d’action et le rythme assez aléatoire…), et un Wolverine : Origins ma foi très décevant (avec du recul, ça reste un film sympathique, sans plus, mais je ne pardonnera jamais ce qui été fait à mon idole Deadpool, dénaturer ainsi un personnage si politiquement incorrect est pour moi la plus grande trahison Marvel de ces dernières années…), je n’attendais pas forcément ce nouveau X-Men. S’attaquer à la jeunesse de personnages cultes, donc en oubliant les héros les plus connus risquait d’être mal vu de la part du grand public, et les fans de la première heure risquait de ne pas pardonner un nouveau raté…
En ajoutant à cela un teaser qui ne m’avait pas vraiment plu, je n’étais pas optimiste en entrant dans la salle des dangers de cinéma…

Avant d’être le professeur X, il s’appelait Charles

Comme dit précédemment, X-Men : First Class s’intéresse à l’enfance et à la jeunesse des personnages centraux que sont Charles Xavier et Magneto. Donc ici, très peu de personnages déjà croisés dans la saga, si on met de coté Le Fauve et Mystique (Moira Mc Taggart n’apparaissant que dans deux minuscules scènes de X-Men 3). Le film se doit donc de suivre le schéma hyperclassique du « j’introduis les personnages principaux – j’introduis le méchant qui fait peur – j’introduis les seconds couteaux – le méchant est vraiment puissant – hop, petite rebellion – le méchant se prend une branlée ». Mais étonnement, le film reste original et bien ficelé, pour une seule bonne raison : c’est Mr Matthew Vaughn aux commandes…

Lui, il m’avait fait une super impression sur « Kick-Ass » , adaptation casse-gueule par excellence, et il avait su insuffler un rythme très proche du comic-book, tout en réussissant à imposer aux studios de ne pas trop trancher dans le vif et de garder sang et insultes. Et encore ici, il porte le film à lui tout seul : j’ai été agréablement surpris de cette facette très espionnage de ce nouveau X-Men, très proche de ce qu’aurait pu proposer un vieux James Bond (le film se déroulant dans la période 60-70,ri de plus normal). Tout colle parfaitement, et le film est un bonheur à suivre. On y retrouve tous les codes du genre, avec le QG des services secrets, le méchant aux véhicules improbables, les deux camps de la guerre froide qui s’affronte. Un véritable hommage au film d’agent secret, maitrisé de bout en bout. Le générique de fin, dans le même style, est d’ailleurs un franc succès.

La première séquence du film, mettant en scène Magneto, est d’ailleurs un très bel hommage, elle aussi, au premier film de Bryan Singer, reprenant la scène d’introduction du premier X-Men pour nous la faire vivre un peu plus en profondeur l’arrivée de Magneto à Auschwitz, et des événements qui vont la suivre.

Avant d’être Magneto, il s’appelait Erik 

Les passages de l’histoire mettant en scène Erik Lensherr sont d’ailleurs à mon sens parmi les plus réussis . X-Men First Class montre ainsi toute la dimension d’un personnage qui a toujours été très profond, de par son oscillation permanente entre le Bien et le Mal. Que ce soit dans sa quête de vengeance, son alliance avec Xavier, ou la dissension finale que tout le monde attend.  Le film sait ainsi laisser place aux scènes de dialogue quand il le faut, montrant l’évolution permanente des personnages principaux.

On pourra d’ailleurs regretter que les personnages secondaires ne voient pas toute leur psychologie explorée, de la même façon, à part Mystique

Reste qu’ils trouvent parfaitement leur place dans des scènes d’action plutôt bien tournées, dont certains effets spéciaux sont vraiment bien travaillés.

Avant d’être les X-Men, ils n’étaient que des personnages peu connus

First Class fait donc le choix d’un casting de héros finalement assez anonymes. On retrouve ainsi Havok, le frère de celui qui deviendra Cyclope, Le Hurleur, Tempest (appelée par son prénom Angel dans le film, à ne pas confondre avec le ((Arch)Angel de X-Men 3), Darwin et Le Fauve du coté des gentils (quoique), alors que le camp opposé voit l’intégration du Club des Damnés, club mythique du Marvelverse, composé de Sebastian Shaw (magnifiquement interprété par un excellent Kevin Bacon), Emma Frost (miam !), Azazel (qui deviendra le futur père de Nightcrawler / Diablo) et de… celui dont on ne donne jamais le nom, Riptide, tant ses apparitions sont oubliables. La réunion de tous ces éléments prend d’ailleurs une inspiration très film de braquage des années 60, façon Rat Pack, tant j’ai eu l’impression de voir un Ocean’s Eleven dans l’esprit, avec des membres se montrant leurs pouvoirs de façon assez potache.

Tous auront leur moment de gloire, malgré un panel de pouvoirs assez classique, et les scénaristes ont su les mettre en valeur dans des situations plutôt sympathiques, voire cocasses. Voir de quel façon Azazel utilise sa téléportation pour abattre les gardes en une pluie de corps est assez géniale, tout comme l’apprentissage du vol par Le Hurleur.

Avant d’être un film, c’était surtout une adaptation Marvel


Comme dans tous les films Marvel, de nombreuses références sont faites aux comic-book, ainsi qu’aux autres adaptations. Des références orales (entendre plaisanter Xavier à propos de ses cheveux tout au long du film n’a pas de prix, ou entendre parler d’un militaire, père de Strycker), l’introduction de tous les éléments mythiques des X-Men ( résidence de Xavier, jet supersonique, combinaisons inspirées des toutes premières aperçues dans les comics, même si l’équipe n’est pas la même), plus quelques références à attraper au détour d’une scène ( l’utilisation du Cerebro, les parties d’échecs et l’apparition surprise de têtes connues, mais bien jeunes)

On regrettera juste que Stan Lee ne soit pas présent pour un caméo surprise, ou que la scène d’après générique brille par son absence… Mais rassurez-vous, deux magnifiques apparitions vous arracheront un sourire !

Mais le principal, c’est que jamais le fan ne se sent trahi par le comportement d’un personnage ou par ses origines. Tous les événements connus des amateurs se produiront bien, et de façon crédible.

Au final ?

Finalement, je dois avouer que ce nouveau X-Men est une réussite totale ! J’ai passé un excellent moment, avec une interprétation remarquable (en particulier pour les deux têtes d’affiche James Mc Avoy et Michael Fassbender), certainement due aux talents du réalisateur Matthew Vaughn, et que je ne peux que vous conseiller : vous passerez un très bon moment à coup sur, avec un film de très bonne facture. A prendre néanmoins comme un reboot, et pas comme une préquelle de la première trilogie, sinon bonjour les incohérences.

A noter que la FNAC a édité un coffret de pré-reservation du combo BluRay-DVD (à mon sens peu intéressant), comprenant donc le film dans toutes ces versions, un T-Shirt collector, un comic-book et une lithographie signée limitée à 1500 exemplaires, pour 90€ dont 50 remboursés si vous êtes adhérent