Rango

Sorti courant mars 2011, Rango est le premier à passer par la case écran géant du Festival international du film d’animation d’Annecy 2011. Et quoi de mieux pour commencer qu’un film plutôt atypique et bien délirant!

Dernier film en date de Gore « Mr Pirates des Caraïbes » Verbinski, Rango raconte l’histoire d’un caméléon de compagnie qui mène une petite vie sans histoire dans son terrarium, solitaire. Jusqu’au jour où il échoue par hasard et par accident dans la petite ville de Poussière, ville restée à l’heure du Far-West. Il prétend alors être shérif, mais va devoir rapidement assumer ce mensonge et ses nouvelles fonctions…

Rango est tout d’abord une véritable merveille graphique : tout y est absolument soigné et impressionnant de maîtrise. Aucun défaut dans l’animation, tout est absolument fluide, et le tout se permet d’avoir un cachet bien particulier, une ambiance qui apporte énormément au film, finalement très proche de la réalité, avec une petite touche à la Burton.

Mais le plus intéressant ici, ce n’est pas la forme, mais bien le fond. Verbinski nous pond ici un film d’animation véritablement adulte. Il prend de vrais risques, chose qui a l’air de se démocratiser ces derniers temps, et c’est tant mieux ! Ici, on ne fait pas dans le consensuel, on utilise des armes, c’est violent et il y a des morts. Un peu à la manière d’un Pirates des Caraïbes , avec ce style douteux et anti-moral. La ressemblance est frappante du point de vue humoristique, omniprésent dans le film, mais qui évite de tomber dans le « trop facile »; tout reste assez subtil et loin de l’humour gras. La filiation avec le western, violence, héroïsme et provocation, est donc on ne peut plus logique. Et Rango réussit à jouer intelligemment entre deux tableaux : le coté parodie et le coté hommage, avec des scènes faisant immanquablement penser aux classiques du genre.

Le film reste toutefois une quête identitaire relativement prévisible, même si elle met en scène un anti-héros particulièrement attachant. Heureusement que la qualité d’écriture est là, et permet de faire passer la pilule. Il est juste dommage que le scénario soit finalement si quelconque. Je n’ose imaginer ce qu’aurait donné un film avec un scénario plus élaboré avec ce même traitement…

Mais bourré de références au 7ème art et de scènes d’action bien barrées , il serait vraiment idiot de passer à coté de ce très bon film d’animation, que je ne regrette pas d’avoir découvert. Mention spéciale au casting vocal qui est certainement l’un des meilleurs de ces dernières années, Johnny Depp en tête, accompagné de pas mal de jolis noms. Pixar doit se méfier, la concurrence surprise des « petits » studios est belle est bien là…