[Rétro] Duke Nukem

Dans quelques jours, ce sera la sortie de Duke Nukem Forever. Même encore maintenant, j’ai du mal à imaginer que je vais bientôt recevoir mon Saint Graal, l’édition collector de Duke Forever, après 13 années à l’attendre… Le jeu peut être aussi mauvais que possible, ce sera quand même une sacrée page de tournée dans ma vie de Gamer.

Mais avant même de parler déballage et qualité du vrai épisode épisode 4 de la série, pourquoi ne pas revenir quelques années en arrière…

Hail to the King, baby !

La saga Duke Nukem commence avec deux jeux de plate-formes/tir édités en 1991 et 1993. Classiques dans le fond (on avance dans un scrolling horizontal 2D en affrontant un tas d’ennemis, en ramassant divers bonus et cartes de couleur pour progresser et en affrontant un boss à chaque fin de niveau), ils portent déjà quelques traces de ce que sera la saga Duke : on ramasse des sodas et des bières pour regagner de la vie, ainsi que des symboles nucléaires, et quelques items assez spéciaux sont présents : bottes spéciales, mais surtout le jet-pack emblématique de la série. La personnalité particulière du blondinet commence d’ailleurs à apparaitre dans le second volet, puisque celui ci commence à la publication de son autobiographie « Why I’m so great »

Assez jolis pour l’époque et bien nerveux, avec un style très comics des années 70 empreints de série Z, ils ont portant été oublié par la communauté gamer, alors qu’il étaient plutôt bons…

 

Come get some !


La véritable révolution se fait début 1996. Duke est encore de retour, et il n’est pas content ! Des aliens ont osé envahir la Terre et enlever toutes les babes. Et ça, c’est une grosse erreur.

Lee Jackson – Grabbag (Duke Nukem Theme)

Le jeu change de style et passe de jeu de plate-formes au FPS (jeu de tir à la première personne). 28 niveaux de pur bonheur, répartis en 3 mondes à l’ambiance bien différente : même si LA Meltdown – 1 et Shrapnel City – 3 sont à forte connotation urbaine, il s se distinguent l’un de l’autre par leurs influences, le monde 2 prenant place sur la Lune…). A la manière d’un Doom, référence de l’époque, on ne parlait d’ailleurs pas de FPS mais de Doom-like, il s’agit d’avancer dans des levels bourrés d’ennemis afin de trouver la sortie ou d’abattre un boss, tout en trouvant des cartes de couleur pour progresser. Les niveaux sont d’ailleurs bien réalisés, mais la liberté est quand même très faible, même si les niveaux laissent une impression d’ouverture assez agréable.


Mais Duke a deux gros atouts pour lui : le premier est sa palette de mouvements, d’armes et de gadgets, inédits pour l’époque. Il peut ainsi sauter, nager, s’accroupir et regarder dans toutes les directions, y compris vers le haut et le bas, ajoutant bon nombre de stratégie inapplicables auparavant. Des items à ramasser et à durée limitée lui permettent même de voler pendant quelques temps, de voir dans le noir ou d’émettre un hologramme de lui-même pour désorienter les adversaires. Pour les abattre, il dispose, en plus des classiques pistolets, shotgun et mitraillette, d’armes bien délirantes comme le Shrinker qui rapetisse et permet d’écraser les ennemis à coups de Rangers, d’un freezer pour les geler, d’un lance roquettes et d’un lance fusées, ainsi que de grenades télécommandées et de mines à télédéclenchement. Un arsenal qui permet toutes les fantaisies et de ne pas être trop limiter dans la façon d’attaquer les niveaux.
Le second atout est son interactivité très poussée : des objets destructibles sont disposées dans tous les coins du niveaux, et bons nombres d’items sont « utilisables » pour déclencher des actions et autres répliques grivoses : billard, toilettes (!!!), et bien d’autres surprises font partie de la légende du sieur Nukem.

Mais le succès peut aisément être attribué à son ambiance hors du commun : Duke multiplie les références et n’hésitent pas à proposer des easter-eggs à tous les coins de niveaux, que ce soit le cadavre d’un Space Marine bien planqué, ou des situations rappelant les grands succès cinématographiques de l’époque. Le personage de Duke, ainsi que la pochette du jeu et l’ambiance générale, s’inspire ainsi fortement de la saga Evil Dead, qui présente aussi un héros bavard et vanneur aux prises avec une invasion (de morts vivants) dans une influence série Z/gore fortement prononcée. C’est finalement tout ce contexte qui a permis un tel succès du Duke, qui accumule les situations de mauvais gouts ou provocatrices : les principales visites se font dans des clubs de stripteases, où Duke peut même donner de l’argent pour apercevoir certaines parties de l’anatomie féminine, dans des salles de cinéma porno, ou dans des prisons.

Le jeu verra débarquer pas mal d’extensions, certaines centrées sur le Pôle Nord ou les plages paradisiaques. La principale et seule que j’ai pu terminer, le Plutonium Pack, ajoute toute une campagne qui démarre dans un niveau parodiant totalement Mission Impossible, comprenant même la descente en rappel dans la salle de l’ordinateur, et un niveau incroyable dans un fast-food (je veux un Duke Burger chez moi !) rajoutant une nouvelle arme assez énorme, l’Expander, qui permet de faire exploser les ennemis de l’intérieur, et un nouvel ennemi hyper résistant bien inspiré des méchants de ID4. Une extension, et c’est rare, peut-être même meilleure que le jeu original.

Bâtaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaard !

Duke restera aussi le premier jeu en réseau de ma vie, utilisant la connexion Internet limitée à 5h par mois de ma sœur pour  jouer via Kali contre des mecs douze fois plus forts que moi, à voir des blaireaux tomber dans le piège d’un HoloDuke bien placé. Le jeu ne proposait d’ailleurs qu’un coop ou un DukeMatch, ainsi qu’un Capture The Flag si on possédait l’extension.

Beaucoup de jeux utiliseront la licence par la suite, mais jamais aucun n’atteindra une telle maestria, à part peut-être le Time to Kill PSOne. Le seul véritable successeur se trouve être Shadow Warrior, jeu également bien barré reposant sur le même principe et le même moteur, transposant l’univers dans un Japon médiévalo-futuriste assez fendart (couper un ennemi au katana, miam)… Jusqu’à Duke Forever…

Jeu devenu mythique, je ne peux que vous encourager à le terminer avant d’attaquer Forever tant encore aujourd’hui il est exceptionnel. Il propose de purs moments de folie et un sacré challenge (le terminer dans le dernier mode de difficulté où les ennemis ressuscitent tant que leurs cadavres n’ont pas été réduits en morceaux à coup d’explosifs est un exploit) , et trouver toutes les références croisées au fil des niveaux vous occupera un bon moment. Un pack de textures est d’ailleurs disponible pour rendre le jeu plus agréable à l’œil, comme cela avait aussi été fait pour le premier Deus Ex.

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