The Prodigies – La nuit des enfants rois

Enfin ! Après tout un tas de contre-temps ( avant-première où je n’étais pas disponible, billets me permettant d’entrer dans une projection seulement après la fin du festival, ami qui se désiste, école le samedi matin…), j’ai enfin pu voir le film que j’attendais tant.

Et bon Dieu que ça va être dur de faire une critique juste quelques minutes après la sortie de la séance…


La nuit des enfants rois, c’est tout d’abord le titre d’un roman écrit par Bernard Lenteric et paru en 1981. Roman que j’ai découvert il y a peu et que j’ai vraiment adoré. Bien sûr, étant donné que c’est seulement le second livre de l’auteur, il a de multiples défauts : les personnages sont à peine esquissés, en particulier les enfants, qui sont pourtant au centre du récit; le coté psychologique est beaucoup trop laissé de coté, alors qu’il aurait été intéressant de l’explorer plus et l’histoire se concentre trop aux moment d’action. Mais il fait partie de ce genre de roman que l’on dévore, où l’on a absolument envie de savoir où l’auteur veut nous amener, quoi qu’il arrive. Peut-être parce que je suis bon client et que j’ai gardé mon âme d’adolescent… Mais c’est le genre de matériau brut qui peut donner une très bonne adaptation…

Le film


Synopsis:

Imaginez-vous doté d’une intelligence surhumaine, du pouvoir de contrôler les autres par la force de l’esprit, de les transformer en marionnettes dépourvues de volonté, obéissant à vos ordres les plus fous… Ce don fascinant et terrible Jimbo Farrar le connaît bien car depuis son enfance, il le possède.

Brillant chercheur à la tête de la Fondation Killian pour enfants surdoués, très amoureux de sa femme Ann, Jimbo n’a qu’un but : trouver d’autres prodiges comme lui. Il imagine alors un jeu en ligne d’une complexité extrême et finit par découvrir cinq adolescents qu’il décide de réunir à New York.

Conscients de leur différence, isolés et incompris, ces prodiges se retrouvent un soir à Central Park. Enfin, ils ne sont plus seuls. Mais ils sont alors sauvagement agressés et leur destin bascule. Ignorés par la police, abandonnés par ceux qui devaient les protéger, en état de choc, ils déchaînent alors leurs pouvoirs avec une intelligence diabolique, éliminant sans laisser de trace ceux qui les ont trahis…

Jimbo est le seul à l’avoir compris, mais aussi le seul à pouvoir les arrêter. Il va devoir combattre le déchainement de violence de ses esprits-jumeaux… à moins qu’il ne décide de se joindre à eux…


Première chose qui surprend, ce n’est qu’une adaptation libre du roman. Autrement dit, tout n’est pas respecté dans le moindre détail. Pas mal de petites choses changent donc : l’action a été déplacé de nos jours (alors que le roman se déroulait dans les années 70),  il n’y a que cinq enfants, certains personnages ont été tout simplement gommés de l’histoire… Si on peut comprendre ces évolutions (renforcer l’immersion en présentant un contexte connu, réactualiser le contexte technologique pour ne pas décrédibiliser l’ensemble), il aurait été préférable de retoucher l’aspect psychologique, quitte à se couper d’une partie du public. Mais attention, cela reste tout de même un film pour adultes, qui a reçu une interdiction aux moins de 12 ans en salle.

Visuellement, l’ensemble est juste sublime. L’aspect général donne une impression de mélange entre animation 3D classique et cel-shading, pour un rendu très très proche de ce qu’ont pu offrir des jeux d’aventure comme Runaway ou The Next Big Thing, en plus adulte. L’ensemble est donc très agréable à suivre, avec une netteté assez incroyable. Le film s’appuie d’ailleurs sur deux petits procédés très efficaces pour dynamiser l’histoire : le premier est l’effet bullet-time, popularisé par The Matrix il y a 12 ans; malheureusement un peu trop utilisé vers la fin du film; le second est un changement des tons de couleurs lors des séquences de violence physique. Le fond devient blanc, et les personnages ne sont colorés que de noir et de bleu clair, pour un effet visuel assez impressionnant et très proche d’un rendu à la Tron. Associé à une transformation physique des personnages pour signifier l’instinct animal qui les habite, c’est une vraie trouvaille et ces scènes sont très marquantes.

Car oui, l’histoire est principalement une histoire de vengeance. Et le film joue remarquablement bien sur ce point : la violence va crescendo, passant des scènes déjà évoquées, épurées, à des scènes plus trash, où le sang apparaît d’abord sur le revers d’un pantalon, puis en des gerbes plus abondantes, dans un souci purement artistique. Les personnages principaux semblent malheureusement passer au travers de ce torrent de violence, car à part pour une petite scène où Jimbo est couverts de blessures et d‘ecchymoses, ils sont étonnement épargnés par les marques physiques…

Déception du point de vue sonore également : les compositions musicales du film sont oubliables, tant elles sont classiques et peu surprenantes. Au contraire, le travail sur les effets sonores et autres bruitages est assez impressionnant. La séquence d’enterrement sous la pluie est juste magnifique, le bruit de l’averse étant juste parfait.

Par contre, il faut absolument arrêter de vouloir vendre un film en y collant des « zombies« . Autant le changement de pouvoirs passe encore, même on comprend tout de suite que c’est seulement un argument commercial pour des séquences plus impressionnantes, autant le comportement des personnages possédés est ridicule au possible… Il est néanmoins satisfaisant de voir que le studio n’a pas cédé aux sirènes de l’happy-end total, mais je n’en dit pas plus…

Finalement, le film présente les mêmes défauts que son ancêtre littéraire, qu’il est bien dommage de ne pas avoir fait évolué dans le bon sens: un scénario un peu léger et un aspect psychologique trop absent. Mais ces petits inconvénients sont vite dépassés, et fort de son visuel impressionnant, il reste une expérience à vivre, un très bon moment passé dans les salles obscures. Je changerai peut-être d’avis sur certaines satisfactions/déceptions après un second visionnage, en tout cas, j’attends le Blu-Ray avec impatience.

EDIT : J’ai oublié de parler de la 3D… Tout simplement parce qu’il n’y a rien à en dire ! La seule chose qu’elle apporte, ou plutôt que les lunettes apportent, c’est cet assombrissement caractéristique de l’écran, qui, ici, est plutôt sympathique et permet d’obscurcir un film trop clair à mon sens