Deadpool Corps : prélude


L’annonce d’une série dédiée non pas à un, mais à plusieurs Deadpool ne pouvait qu’être réjouissante : voir évoluer ensemble plusieurs versions du personnage le plus déjanté de chez Marvel promettait beaucoup.
Et comme toute nouvelle série, il fallait une introduction…

Celle-ci se compose de 5 chapitres au total : 4 pour le recrutement de chacune des 4 versions alternatives du personnage, plus un dernier qui se concentre sur une première courte aventure de l’équipe. L’univers (ou plutôt le multivers) Marvel étant en péril, Deadpool est chargé par un Gardien de former une équipe capable de le défendre. Et seule une équipe composée d’éléments aussi imprévisibles et fous que lui a une chance de réussir. Le mercenaire de la Terre-616 voyage donc de dimensions en dimensions pour réunir différentes versions de lui-même : tout d’abord une version féminine dans un épisode orienté guérilla, une version enfant (qui finalement est très proche du personnage de base, en tout cas tout aussi immature) dans un chapitre absolument fabuleux qui revisite les X-Men et l’école pour mutants du Professeur X, une version canine, avec une splendide référence à Wolverine, et enfin, une version « juste la tête » dans une ambiance pirate.

Dans le plus pur style du personnage, tout ce beau monde multiplie les commentaires débiles, les réflexions cassantes et les situations bizarres pour le plus grand plaisir du lecteur. L’ensemble est un véritable fourre-tout, une saga qui empile références et univers divers clairement destinée au fanboy. C’est finalement l’un des gros défauts de ce prologue : tous les codes made in Deadpool sont respectés, mais presque TROP respectés. Les épisodes s’enchaînent sans véritable fil conducteur autre que le recrutement de la team, et malgré une ambiance de feu, jamais il n’y a de surprise. L’ensemble manque même de violence, pourtant marque de fabrique du personnage.

Et c’est dans le cinquième épisode que le niveau baisse dangereusement : l’aventure en elle-même, sensée être la première de l’équipe, est complètement inintéressante et graphiquement, c’est tout simplement honteux, alors que les précédents chapitres, tous d’un dessinateur différent, étaient soignés et porteurs d’un certain style bien agréable (même si l’épisode Dogpool est un gros cran en dessous). On a presque l’impression que l’idée originelle s’épuise déjà alors que l’équipe est à peine formée, ce qui n’est pas vraiment enthousiasmant pour la suite…

Bien sur, ce sont les défauts de jeunesse d’une nouvelle saga et en particulier d’une introduction, mais compte tenu du potentiel du personnage, c’est une véritable désillusion. Tout n’est pas noir non plus, on passe tout de même un excellent moment à découvrir cet opus, qui possède ses quelques moments d’anthologie et des personnages à très fort potentiel. Mais il faudra plus qu’une pile de blagues pour tenir sur la durée.

Finalement, ce prélude au Deadpool Corps est une déception pour ma part même si il reste un bon comic-book : bien qu’il ait pour vocation d’introduire la team et les personnages, l’ensemble reste finalement très prévisible, un comble pour le « Merc with a Mouth ». Mais j’avoue en avoir attendu certainement trop. On retiendra tout de même une jolie qualité graphique, à part pour le dernier épisode, quelques excellentes réparties et des références sympathiques…