Flashback

Sous-titré « The Quest for Identity », Flashback est un jeu d’action/aventure, réalisé par le même studio que Another World, Delphine Software, une boite de petits français très brillants, qui malheureusement coula au début des années 2000. A l’époque, le jeu est tout de suite considéré comme une très grande réussite, et adapté sur tous les supports importants de l’époque, dont certains ne diraient absolument rien aux plus jeunes.
A noter que le concepteur n’est autre que Paul Cuisset, grand acteur du JV à la française qui est en train de monter un nouveau projet très intéressant à destination du PSN, Amy, qualifié de survival horror à la Ico

Vous êtes Conrad. Abattu alors que vous fuyez sur votre moto, vous vous réveillez dans la jungle, amnésique, un holocube à vos pieds. C’est votre image holographiée qui en sort, vous incitant à retrouver un de vos amis, qui détiendrait des infos sur votre mémoire oubliée

Visuellement, on a l’impression de voir un vieux Prince Of Persia. Vous voyez votre personnage de coté, en 2D, et vous vous baladez dans différents tableaux, passant de la jungle à la ville de New Washington, participant à un jeu télévisé étrange et cherchant du boulot.
Mais là ou le jeu surprend, c’est par les graphismes employés. Encore aujourd’hui, je les trouve magnifiques. Beauté accentuée par les cinématiques du jeu, toujours prenantes. On retrouve la patte graphique de Another World, en plus fin,  avec des graphismes utilisant le procédé de rotoscoping, technique consistant à filmer des acteurs réels puis à décalquer chaque étape du mouvement sur cellulo, permettant ainsi d’obtenir des animations hyperréalistes. Les animations sont hyperfines et impressionnantes pour l’époque.

Les animations, parlons-en!! Conrad possède une palette impressionnante, un vrai petit Bruce Willis ! Il peut courir, sauter, s’agenouiller, rouler, se laisser tomber, dégainer, tirer, lancer des pierres et utiliser son bouclier. Tout cela étant enchainable à loisir! Quel joie de le voir courir, se jeter sur une plate forme, puis se laisser tomber, rouler dégainer et tuer l’ennemi qui n’a pas encore pu réagir. A vous de voir, d’ailleurs, si vous préférez la jouer bourrin ou plutôt rusé.
La difficulté est d’ailleurs bien évolutive, même si certains passages sont carrément ardus.

La musique, souvent le point noir de ce genre de jeu, est ici très discrète. Elle n’apparaît que lorsque certaines étapes sont franchies. Au contraire, les bruitages parfaits aident à rentrer rapidement dans l’ambiance Blade Runner du jeu.

En conclusion, ce jeu est un must-have disponible en abandonware qui changera votre vision des jeux de plate-formes, même si il reste assez conventionnel. Le seul gros défaut vient des sauvegardes rares, problème résolu si vous utilisez un émulateur.
A noter qu’une suite existe, Fade To Black, sympathique mais nettement moins réussie que le premier jeu, du fait du passage à la 3D.
Il ne reste qu’à espérer une petite remise au gout du jour pour le voir débarquer en HD sur le PSN, chose contre laquelle Paul Cuisset ne serait pas opposé, et faire rêver encore bon nombre de joueurs...