Watchmen [1/2] : le graphic novel

Retrouvez la suite, réservée au film ici !

« Ce soir, un comédien est mort à New-York »

Le Comédien, un ancien « super-héros », a été jeté par une fenêtre de son appartement. Mais qui a bien pu l’assassiner ?
Rorschach, détective psychotique qui résiste encore et toujours à l’amendement Keene qui interdit les héros masqués, se met en chasse pour retrouver le coupable et faire tomber ce qu’il croit être un complot contre tous les anciens justiciers. Pour cela, il recontacte ses anciens collègues pour trouver des informations…
Mais ce complot existe-t-il vraiment, ou n’est-il que le sentiment d’un homme paranoïaque et déséquilibré ?

The city is afraid of me, I’ve seen it’s true face

Paru mensuellement en douze volumes entre 1986 et 1987, l’histoire de Watchmen commence à la même époque, en 1985.
Mais l’Amérique de Watchmen est un peu différente de la notre : Nixon est toujours président, le Watergate n’a pas eu lieu, et les États-Unis ont même gagné la guerre du Vietnam grâce à l’aide du seul personnage doté de pouvoirs de l’histoire, le Dr Manhattan.
Car oui, cette histoire de super-héros n’en est finalement pas une : comme Alan Moore, l’auteur, le présente : il y a un homme sous chaque masque, et souvent un homme avec de nombreuses failles. Tous les personnages (sauf Manhattan) sont réalistes et n’ont de « super-héros » que le nom, mais attention, ils ne sont absolument pas parodiques ! Le scénario s’attarde alors sur les vies personnelles de ces personnages, de leurs réactions face aux évènements, et de l’impact qu’auront leurs décisions…
Et c’est surtout le personnage de Rorschach qui vous tiendra en haleine, un personnage très dense et très sombre comme on en trouve que dans les productions relativement indépendantes, l’un des plus charismatiques que j’ai croisé.

Au dessin, on retrouve Dave Gibbons, bien connu des amateurs de JV puisqu’il est le dessinateur des personnages des premiers Broken Sword (Les chevaliers de Baphomet en français). Et ses dessins sont tous simplement somptueux, bourrés de détails et faisant écho aux planches précédentes. Tout un chapitre est d’ailleurs construit comme un palindrome, chaque case trouvant dans le chapitre une case qui lui est « symétrique ». Avec ce petit coté old-school du dessin des 80’s, c’est un bonheur à lire.

But who watches the watchmen ? Qui garde les gardiens eux-mêmes ?

La construction du récit est d’ailleurs originale: chaque chapitre s’intéresse de près à l’un des personnages, tout du moins au commencement, mais chaque chapitre est séparé du suivant par un document (extrait de journal intime, d’une autobiographie, d’un article de journal…). Le premier exemple, à mon sens, de croisement important de style dans un comic-book. Différentes trames scénaristiques se croisent et se recroisent ainsi dans le récit, et tout aura son importance…

Avec un scénario impeccable, une vraie réflexion sur ce qu’est un super-héros et un graphisme classique mais divin, je ne peux que vous le conseiller. C’est une œuvre culte, profondément adulte qui vous fera changer d’avis sur le comic-book. Ce n’est pas pour rien qu’il a été classé dans les 100 plus grands romans de langue anglaise parus depuis 1923 par le Time Magazine.

Que vous soyez nouveau dans le genre ou lecteur confirmé, vous y prendrez un très grand plaisir, je vous le garantis. C’est, en général, le premier titre que j’offre à ceux qui veulent débuter, pour son accessibilité et son caractère profond (non, ce n’est pas contradictoire !). Et c’est une référence depuis 25 ans déjà
Un film a été tiré de cette œuvre mythique en 2008 par Zack Snyder, ainsi qu’une adaptation en motion comics, mais j’en parlerais un peu plus longuement dans un prochain article !
A vous de vous lancer maintenant !