Wanted [2/3]: le film


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Retrouvez la troisième partie réservée au jeu vidéo ici

Synopsis via Allociné:

Wesley Gibson a toutes les raisons du monde d’être malheureux. Tyrannisé par son patron, malmené par ses collègues de bureau, trompé et humilié par sa petite amie, ce jeune loser, victime d’angoisses récurrentes, ne survit qu’à coup de tranquillisants et de plateaux repas macrobiotiques. Dur à vingt-cinq ans…

C’est alors qu’une fille de rêve fait irruption dans sa triste vie. Fox est une tueuse d’élite, affiliée à une secte ultrasecrète : la Fraternité, dont les membres se sont érigés en instruments du Destin. L’heure est venue pour Wesley de prendre la suite de son père assassiné et de découvrir en lui-même des ressources, une soif de violence, des réflexes et des aptitudes insoupçonnés. Wesley commence un entraînement rigoureux qui va faire de lui le meilleur assassin de la Fraternité et l’opposer à l’assassin de son père…

 

Le synopsis du film reprend donc la trame du comic-book, sans surprise aucune. Sans surprise, ce serait mentir, car finalement, cette idée de départ est pratiquement la seule chose qui reste de l’histoire d’origine…
Bye bye l’histoire des super-villains gouvernant le monde secrètement, bye bye les personnages haut en couleurs et byebye la parodie des mondes de chez DC/Marvel. On repassera pour une adaptation fidèle….

Le film reprend bien quelques petites choses du comic-book : la situation initiale, la façon de construire le récit, mais surtout un poil de cynisme qui donne lieu à quelques jolies scènes, celle du coup de clavier en particulier. La version cinéma garde donc, à un niveau beaucoup plus faible, cette capacité à faire réfléchir le spectateur sur sa condition. Assez étrangement, les scènes marquantes de la version BD sont tout de même présentes : on retrouve ainsi la scène du dégommage de mouches, l’initiation à base de passages à tabac et de tirs sur cadavres dans de nouvelles versions plus en accord avec le nouveau contexte.

Le changement de scénario a beau être compréhensible (ne pas subir d’interdiction trop forte pour extrême violence, le jeune public représentant une bonne partie de l’audience visée), il n’en est pas moins regrettable. Le format d’une série télé aurait été plus judicieux pour une adaptation en bonne et due forme, ou alors à la manière d’un Kick-Ass, en édulcorant un peu le contenu. Mark Millar a néanmoins parléd’ une suite qui collerait au scénario d’origine. Wait and see comme on dit…

Nouveau contexte donc ! Ici, La Fraternité est une confrérie millénaire d’assassins, qui répond aux « ordres » d’un métier à tisser qui donne les cibles à abattre en code binaire. Je pense qu’on tient ici l’une des idées les plus étranges vue dans un film d’action. Passée cette déception, il reste tout de même un bon divertissement, avec une énorme inspiration à noter : la capacité des personnages à tirer des balles courbées, pour contourner les objets et toucher les cibles cachées. On ne peut reconnaître qu’une chose, cette inspiration, ainsi que les ralentis très bien employés, dynamise de très bonnes scènes de gunfight et apporte un petit vent de fricheur.

Avec deux thèmes prépondérants, le coté musical s’en sort bien aussi : le thème principal est d’ailleurs particulièrement accrocheur et reste bien en tête. Non, ce qu’on regrettera, c’est une interprétation bien quelconque en dehors de celle de James McAvoy, toujours excellent et crédible. Morgan Freeman est très décevant malgré sa classe naturelle, se contentant du strict minimum.

Timur Bekmambetov, le réalisateur, livre un film très bien rythmé où l’on ne s’ennuie pas, même si le résultat final est tout de même prévisible. Un petit plaisir post-adolescent, où l’on regarde des protagonistes se battre juste pour en prendre pleins les mirettes.

Wanted est un film d’action sympathique une fois passée l’énorme déception . On regrettera une interprétation médiocre et une prise de risque minime de la part du réalisateur, mais le tout est finalement suffisamment rythmé pour passer un bon moment.