Dynasty Warriors 7

Avant de me lancer dans cet épisode (gagné dans un concours sur Gohanblog ), je n’avais pas de bons souvenirs de la série. Des beat’em all simplistes et répétitifs, graphiquement dépassés, qui avaient squatté un peu tous les supports pour trouver des fans, voilà ce qu’était pour moi la saga Dynasty Warriors. A tort, ou à raison ?

Techniquement, ça coince…

La première chose qui saute aux yeux, c’est que le jeu est techniquement à la ramasse. Les héros pixelisent un max (le lissage étant quasiment absent), les textures des décors sont vraiment minimalistes et il arrive qu’il y ait quelques ralentissements. Le clipping est aussi d’une horreur absolue, les ennemis et décors éloignés s’affichant au dernier moment. La caméra a elle aussi quelques lacunes en s’orientant trop vers le sol, ce qui est particulièrement gênant dans les nombreux passages/ missions se faisant en montée de map. Je comprends tout à fait qu’un jeu demandant l’affichage de centaines de personnages en simultané ne propose pas des graphismes éblouissants, mais là, c’est tout de même très très limite… Le jeu se rattrape tout de même sur les séquences cinématiques (qui ont pourtant l’air d’être réalisées avec le moteur du jeu…), qui sont d’une très bonne facture et sur les transitions cinématique-jeu qui se font via un joli changement de caméra.

Le gameplay lui aussi semble sorti dun autre âge. Un bouton de coup faible, un bouton de coup fort, un bouton de super attaque (le Musou) à utiliser une fois celle-ci chargée, et un bouton de garde : voilà un bon résumé de la situation. De l’extrême classicisme, si ce n’est que tout est bien évidemment enchaînable à loisir. Le système de combo est d’ailleurs plutôt intuitif : certains sont à débloquer, mais tous se réalisent en appuyant X fois sur la touche de coup faible et une fois sur la touche de coup fort. Il faut y ajouter la possibilité d’effectuer des gardes aériennes/rétablissements pour se reprendre après une attaque, les combos spécifiques à l’arme préférée du héros choisi et les changements d’arme à la volée. Divers bonus apparaissent également sur la carte lorsqu’un général adverse est vaincu, boostant vie, attaque, vitesse ou défense pour un temps donné. Pour un jeu d’action qui mise surtout sur le fun immédiat, c’est largement suffisant. Mais la répétitivité excessive des situations (avancer, abattre un général adverse, avancer, abattre deux généraux adverses, avancer…) peut lasser très rapidement. Un gameplay partagé entre intuitivité et routine donc…

Y’a pas que l’esthétique dans la vie !

Mais derrière ce coté dépassé se cache une richesse insoupçonnée : tout d’abord du coté du scénario, et c’est suffisamment rare pour être noté. Le scénario est basé sur un roman chinois, l’Histoire des Trois Royaumes, une saga bien connue et influente en Asie. Dynasty Warriors 7 invite le joueur à revivre les intrigues principales de cette épopée, et en particulier les guerres qui opposent les différents camps. L’ambiance est juste impressionnante, on prend du plaisir à avancer pour connaître la suite de l’histoire. Car entre les nombreux rebondissements: amour, traitrise, mort de personnages emblématiques, il y a de quoi faire ! J’imagine qu’une personne connaissant bien le roman originel risque de s’ennuyer (mais en même temps ça existe des gens qui le connaissent sur le bout des doigts chez nous ?), mais j’ai vraiment apprécié ce coté là du jeu, plein de poésie et de jolies phrases. Surtout que les cinématiques et le character design juste parfait aident grandement à s’immerger dans le récit.

Au niveau du contenu, c’est juste exceptionnel : quatre campagnes pour chacun des quatre principaux camps sont à terminer, chacune couvrant donc une vision du conflit, et une certaine philosophie. Déjà là, il y en a pour un moment, mais c’est sans compter sur le mode Conquête : une grille d’hexagones très wargame dans l’âme, chacun représentant une guerre permettant de débloquer nouvelles armes, alliés en combat et autres joyeusetés. Pour obtenir l’intégralité des récompenses (fonds d’écran, music mode…), il faudra passer au moins une bonne cinquantaine d’heures sur le jeu.

Enfin, le jeu sait parler aussi au fanboy qui sommeille en nous : 36 classes d’armes différentes à débloquer (pour un total de près de 360 armes donc) de la classique épée aux jouissifs éventails, flute et autres canons à bras, des héros tous plus charismatiques les uns que les autres, des demoiselle peu vêtues aux gros poumons (oui, ambiance fantasy = fringues sexy pour se battre), des tonnes d’artworks/bonus à débloquer. Le tout sur une OST juste magique, lorgnant carrément sur le rock, l’idéal pour mener des combats dantesques à 1 contre 1000.

Habituellement contre le DLC, j’ai même craqué ici. Si j’ai fait l’impasse sur les nouvelles maps dont le prix est un peu cher, je trouve plutôt pas mal que Tecmo Koei propose des packs d’une cinquantaine de costumes à 1€, et les voix japonaises gratuitement. Ça change des packs Capcom à 8€ les 5 costumes…


Au final, Dynasty Warriors 7 est un bon jeu, à défaut d’être excellent. On pourra toujours lui reprocher bon nombre de choses, comme sa répétitivité ou ses graphismes d’un autre âge, mais le souffle épique qui l’habite et sa richesse en font un beat’em all à jouer.