Green Lantern

Adapter le Green Lantern n’est pas une chose facile : orientation cosmique des scenarii, bestiaire varié à retranscrire, effets lumineux qui doivent être impressionnants… Et quand en plus, le héros débarque en France où il n’est connu que des amateurs de comic-book, le challenge à relever est vraiment de haut niveau.

Synopsis via Allociné:

Dans un univers aussi vaste que mystérieux, une force aussi petite que puissante est en place depuis des siècles : des protecteurs de la paix et de la justice appelés Green Lantern Corps, une confrérie de guerriers qui a juré demaintenir l’ordre intergalactique, et dont chaque membre porte un anneau lui conférant des super-pouvoirs. Mais quand un ennemi du nom de Parallax menace de rompre l’équilibre entre les forces de l’univers, leur destin et celui de la Terre repose sur leur dernière recrue, le premier humain jamais choisi : Hal Jordan.

Hal est un pilote d’essai talentueux et imprudent, mais les Green Lanterns ont un peu de respect pour les humains, qui n’ont jamais exploité les pouvoirs infinis de l’anneau auparavant. Hal est clairement la pièce manquante du puzzle et il possède, en plus de sa détermination et de sa volonté, une chose qu’aucun des autres membres n’a jamais eu : son humanité. Soutenu par son amour d’enfance, le pilote Carol Ferris, Hal doit rapidement maîtriser ses nouveaux pouvoirs et vaincre ses peur, pour prouver qu’il n’est pas que la clé pour vaincre Parallax… mais peut-être le plus grand Green Lantern de tous les temps.

 

Visuellement, Green Lantern fait un choix assez particulier : les scènes où apparaissent le super-héros sont hyper contrastées et habillées de couleurs flashy, en particulier pour les scènes se passant dans l’espace. Un choix pertinent au final pour des personnages dont les pouvoirs viennent de la lumière. Le problème, c’est que l’ensemble des scènes terriennes développant l’intrigue et la personnalité de Hal Jordan sont particulièrement ternes (et longues). Un contraste assez gênant, qui se ressent aussi sur le rythme : le film semble se chercher, avec une cadence bâtarde qui est difficile à suivre, entre scènes d’action vite expédiées et blabla convenu qui s’étire.
La scène finale en est l’exemple type : commençant sur les chapeaux de roue, avec une attaque en ville qui promettait, toute l’intensité retombe en quelques instants après un départ pour l’espace et un affrontement résolu en vitesse. A croire que les scénaristes n’avaient pas d’idée et se sont ennuyés à l’écriture…

Tout n’est pas négatif : les scènes d’action sont de bonne facture (même si trop courtes), le scénario reste intéressant sur les 2h avec une bonne présentation de l’univers et du contexte. Mais j’ai eu tout de même beaucoup de mal avec un élément important : le costume ! L’effet caoutchouc-plastique n’est vraiment pas esthétique, comparé aux costumes Marvel ou aux « armures » à la Batman et donc un gros frein. L’habillage du costume par quelques rayons verts très tronesques ne sont pas non plus du meilleur effet.

Mais le plus regrettable reste les petites incohérences qui parsèment l’histoire : Hal est le premier Green Lantern humain ? Ok, mais alors pourquoi Sinestro trouve ses réactions typiques d’un terrien ?… Un OVNI s’écrase sur Terre et personne ne s’en rend compte ? Si, les Services Spéciaux arrivent juste pile poil quand le héro s’en va… On analyse que le méchant va s’attaquer à la planète mère du corps des Green Lantern ? Une scène plus tard, il a décidé d’attaquer la Terre, comme çà, sans vraie justification… Rien de bien terrible, mais difficile de rentrer dans un film quand on s’en rend compte à première vision.

En fait, tout brille (enfin, ne brille pas en fait) par son extrême classicisme : cliché du méchant endormi dont les yeux s’ouvrent en gros plan (tin tin ! Vachement surpris… La mini scène post-générique nous refera le même coup, d’ailleurs), du méchant en second qui hurle tout le temps, des phrases toutes faites pendant la pseudo-romance. Il est difficile de faire original avec le nombre de films de super-héros ces dernières années, mais quand même. Heureusement qu’il reste une pointe d’humour pour épicer un peu.

Pratiquement seule tête connue du casting, Ryan Reynolds, capable du meilleur (Buried, Un jour peut-être) comme du pire (X-Men : Origins, avec un Deadpool complètement massacré) livre une prestation très quelconque. On sent que le film ne repose que sur son charisme à l’écran et non sur son jeu. Au détriment des autres personnages, étrangement absents, comme les autres Green Lantern qui n’apparaissent pratiquement que pendant l’initiation de Hal, ou des seconds roles qui apparaissent pour mieux disparaître dans la foulée. Dommage…

Plus que la 3D, encore une fois responsable d’un assombrissement caractéristique (un comble pour un super héros basé sur la lumière !), sans rien ajouter véritablement au film,  je crois que c’est de voir le film en VF qui a pas mal orienté mon avis : certains dialogues sont juste mièvres, dans le cliché le plus total, et entendre la devise du corps des Green Lanterns en français perd énormément en intensité… Le teaser VO la faisait entendre en toute fin, avec une intensité à faire frémir :

In brightest day, in blackest night,
No evil shall escape my sight

Let those who worship evil’s might,
Beware my power… Green Lantern’s light!

Green Lantern n’est pas un mauvais film. Mais c’est une vraie déception, tant le film se cherche sans jamais réussir à faire vibrer, par manque de rythme. Et il semblerait que ce soit l’avis général, vu la réception du film par les critiques.