Mercury Hg : le test !

La série des Mercury repose sur un principe on ne peut plus simple : une boule de mercure, une dalle de sortie à atteindre, un plateau qui s’incline suivant les désirs du joueur pour faire progresser le « blob » et bien sur, quelques pièges et autres énigmes pour ralentir la progression. Après un Mercury Meltdown au goût de cel-shading sur la précédente génération de console (et sur Wii…), voici donc débarquer une version HD intitulée Mercury Hg sur les plates-formes de téléchargement PSN et XBoxLive. Evolution, révolution ou stagnation ?

Ne laissons pas de suspense plus longtemps : Mercury Hg est un bon jeu, mais en aucun cas une révolution. Les mécanismes sont parfaitement classiques et on est rarement surpris par un tableau. Que ce soit les énigmes qui demandent de colorer la goutte d’une certaine couleur pour peindre des dalles et activer des interrupteurs, celles qui demandent de la couper en deux pour lui faire prendre plusieurs couleurs différentes puis de les mélanger ou celles qui font intervenir des parcours bosselés avec ralentisseurs, on est vraiment en terrain connu. Un petit manque d’originalité donc, même si les niveaux dont les parois ne se révèlent que juste autour de vous, vous obligeant à avancer par tâtons sont assez géniaux.

Mais ce qui fait la force du jeu, c’est bien la terrible addiction qu’il crée : finir un niveau ne suffit pas, on a envie de le refaire et le refaire encore, de parvenir à le terminer sans perdre un gramme de mercure, de le terminer sous le temps demandé pour se retrouver en bonne place dans le classement mondial, de le terminer en attrapant tous les bonus dont certains sont planqués dans des zones pas toujours évidentes… Oui, on est typiquement dans le style de jeu qui vous fait dire « Bon, je fais encore un petit niveau et je me remets au boulot », avant de voir que 2h ont passé depuis la dernière fois où vous avez dit ça… Et ça sans compter les fantôme téléchargeables à battre. Pour finir l’ensemble de la table périodique à 100%, il faudra du temps.

Le gameplay est parfois frustrant, ce qui obligera à recommencer les tableaux un certain nombre de fois : difficile d’être très précis en jouant au joystick analogique et de doser correctement l’inclinaison du plateau. Et vu que la boule a une certaine inertie (logique !), certains passages (en particulier les tableaux sans rebord) donnent envie de crier ! La spécificité PSN, l’utilisation du Sixaxis, n’y change pas grand chose : trop brouillon, pas assez juste, impossible de l’utiliser pour aller chercher les records. Avec un temps d’adaptation, tout rentre dans l’ordre, mais il est dommage qu’un jeu orienté casual ne soit pas plus intuitif

Au niveau de l’esthétique, un tout bon à mon sens : l’univers aseptisé colle parfaitement au style du jeu. Pas mal de décor en tuiles blanches très classes, un bon nombres s’illuminant de couleurs pastels de très bon goût, on obtient des niveaux très colorés, soignés et plaisant à l’oeil. L’animation de la goutte est tout à fait maîtrisée, et les quelques effets de lumière, en particulier les reflets, sont très bien gérés. Quant aux musiques, on aborde ici l’innovation majeure de la série à mon sens : déjà, les musiques par défaut sont bien sympathiques. Pas très nombreuses, leur style qui oscille entre classique zen et techno douce est très agréable. Mais surtout, le jeu laisse le choix de pouvoir jouer avec sa propre tracklist. Une très bonne idée qui permet de voir Mercury Hg sous un autre angle, jouer avec des musiques très rythmées stressant davantage. Et quand on sait que les musiques, ou plutôt leur tempo, influe sur les décors, l’expérience devient vraiment excellente. Imaginez des arrières-plans dynamiques qui vibrent au son des riffs des grandes stars du rock, c’est assez jouissif. Et quand c’est la piste de jeu elle-même qui se met à sursauter, cachant ce qui se passe juste après, la difficulté en prend un sacré coup !

Sans être un must-have, Mercury Hg est bon petit jeu avec un contenu suffisamment étoffé vu son petit prix. A découvrir pour son esthétique et le challenge proposé.