Fist of the North Star : Ken’s Rage

Faire la critique de ce Fist of the North Star : Ken’ Rage pourrait être très rapide : il suffirait de copier-coller celle de Dynasty Warriors, de changer quelques noms par ci par là et de la modérer fortement, tellement les deux jeux se ressemblent. Enfin non, tellement les deux jeux se ressemblent SUR LES MAUVAIS POINTS.

Dernière adaptation en date du manga culte Hokuto no Ken, connu sous nos latitudes sous le nom de Ken le Survivant, Fist of the North Star choque d’entrée par sa laideur. On sait bien que les Dynasty Warriors ne sont pas réputés pour leur éclat et leurs graphismes haut de gamme, mais là, on est très très proche du pathétique : les textures du décors sont vraiment d’une qualité infâme et pixellisent très souvent, les couleurs sont passées et se résument à du gris-marron-beige sur la quasi-totalité du jeu, les effets de lumières sont pratiquement absents à part pour quelques auras mal fichues… Bref, un ratage presque total artistiquement parlant, seuls les modèles des personnages importants étant réussis. Et ce n’est pas la caméra qui va rehausser le niveau : le jeu reprend le style beat’em all dans un environnement 3D, mais l’angle de vue est terriblement mal choisi. Toujours trop près du personnage, il est presque impossible de voir les ennemis arriver par le coté, quand ce n’est pas la moitié de la map ou du décor qui est invisible par un mauvais choix de caméra lors d’une montée.

Le clipping n’est pas en reste non plus : certains ennemis apparaissent au dernier moment lorsqu’on s’approche, et de façon flagrante. En fait, tout ce qui pouvait être reproché à Dynasty Warriors 7 est présent ici. Oui mais DW7 affichait parfois des centaines d’ennemis à l’écran (sans compter les généraux) et apportait des environnements bien différents ! Ici, on ne voit jamais plus d’une vingtaine de personnages identiques simultanément, et on a l’impression de jouer le même niveau des centaines de fois, ou plutôt les mêmes couloirs tant la liberté est absente et oblige à foncer tout droit.

Tout cela serait facilement excusable si le jeu savait dépasser tous ces problèmes techniques pour proposer un jeu fun et fidèle au manga d’origine dans son extrême violence. Mais déjà, le système de jeu qui fonctionnait bien dans l’univers des Trois Royaumes ne colle pas vraiment ici. Trop mou pour un jeu qui devait être bien dynamique pour coller à l’esprit Hokuto, avec un personnage principal qui se traine, dont les combos sont bien trop répétitifs pour qu’on s’amuse et qui se prend des contres à longueur de temps parce que les ennemis sont passés entre deux coups de l’enchaînement. L’ultra-violence est bien présente, mais n’a finalement rien d’impressionnant à coté des standards du genre : quelques gerbes de sang projetées contre l’écran, des ennemis qui gonflent et explosent d’une manière totalement ridicule (bon, c’était aussi le cas du DA, mais c’était bien mieux mis en scène…). Mêmes les missions en cours de niveau ne relèvent pas l’intérêt du titre, en nous faisant faire toujours la même chose pour des bonus minables (un damier permet de débloquer nouveaux combats et une force de frappe plus importante… Mouais…). Une licence sabordée en bonne et due forme, alors qu’elle a un potentiel énorme.

Il n’en reste pas moins un jeu qui possède un certain charme : tout comme le manga, cette ambiance très série Z fait qu’on a du mal à lâcher le jeu. Les cinématiques sont plutôt réussies (celle d’intro est même impressionnante), les coups spéciaux parfaitement retranscrits font sourire avec le fameux Hatatatatatatatatatawata, le contenu est suffisamment important pour qu’on ne râle pas d’avoir fini le jeu trop vite (une quinzaine de chapitres rien qu’avec Kenshiro plus tout un Story Mode avec les autres personnages principaux qui retrace la totalité du manga, un mode fiction qui prolonge celui-ci avec des histoires inédites. Enfin, si on a le courage d’aller au bout…). Et on pourra dire ce que l’on veut, mais un duel fratricide sur fond de « You Wa Shock« , ça a de quoi filer la chair de poule à n’importe qui, jeu moisi ou non. Mais ça n’empêchera pas non plus de verser quelques larmes devant une adaptation foireuse de plus.

Objectivement, il est dur de trouver des qualités à cette nouvelle adaptation de Hokuto No Ken : laid, pas vraiment fun à jouer et très répétitif, le jeu aura bien du mal à séduire celui qui l’aura acheté. Mais l’aura qu’il dégage sera certainement suffisante pour faire craquer un fan de la série ou un amateur de bons nanars 80’s. A trouver à tout petit prix pour ne pas être déçu.