Sherlock Holmes 2 : jeu d’ombres

Sherlock Holmes avait été l’une des jolies surprises de l’année 2010 : un film punchy avec une belle photographie, une interprétation du personnage qui renouvelait le détective bien connu sans le renier pour autant, une BO assez somptueuse, mais surtout un duo d’acteurs livrant une prestation très convaincante, avec un Downey Jr au sommet de sa forme. Et ce deuxième épisode est dans la droite lignée de ce qui a été fait il y a 2 ans.

Synopsis (via Allociné):

Sherlock Holmes a toujours été réputé pour être l’homme à l’esprit le plus affûté de son époque. Jusqu’au jour où le redoutable professeur James Moriarty, criminel d’une puissance intellectuelle comparable à celle du célèbre détective, fait son entrée en scène… Il a même sans doute un net avantage sur Holmes car il met non seulement son intelligence au service de noirs desseins, mais il est totalement dépourvu de sens moral. Partout dans le monde, la presse s’enflamme : on apprend ainsi qu’en Inde un magnat du coton est ruiné par un scandale, ou qu’en Chine un trafiquant d’opium est décédé, en apparence, d’une overdose, ou encore que des attentats se sont produits à Strasbourg et à Vienne et qu’aux Etats-Unis, un baron de l’acier vient de mourir…
Personne ne voit le lien entre ces événements qui semblent sans rapport, hormis le grand Sherlock Holmes qui y discerne la même volonté maléfique de semer la mort et la destruction. Et ces crimes portent tous la marque du sinistre Moriarty. Tandis que leur enquête les mène en France, en Allemagne et en Suisse, Holmes et Watson prennent de plus en plus de risques. Mais Moriarty a systématiquement un coup d’avance et semble tout près d’atteindre son objectif. S’il y parvient, non seulement sa fortune et son pouvoir seront sans limite, mais le cours de l’Histoire pourrait bien en être changé à jamais…

 

Le film démarre directement sur les chapeaux de roues : Sherlock, en pleine investigation, essaie d’empêcher les attentats sus-mentionnés, nous plongeant directement dans l’action, sans préambule aucun ni rappel de l’intrigue du premier volet. L’occasion tout de même de rassembler en une seule scène d’introduction tout ce qui avait marché dans le premier : ralentis, combat par la pensée, déguisement, filatures… Oui, mais non. Le rythme est vraiment catastrophique pour une entrée en matière, avec un tempo très particulier  et des actions parachutées les unes sur les autres assez étrangement. Une première scène déconcertante, et une très mauvaise première impression qui fait se poser des questions.

Et malheureusement… Non je déconne, le reste du film est d’un bien autre calibre, si bien qu’on pardonne aisément cette première scène bancale. Sans être exceptionnel, le scénario est assez bien fichu pour qu’on s’y accroche et qu’on ait envie de connaître la suite, bien aidé par le fait qu’il multiplie les décors et les ambiances. La reconstitution de la fin du XIXème siècle est vraisemblable et les quelques incohérences nécessaires au scénario (comme les innovations technologiques…) ne sont pas gênantes. Mais surtout, Guy Ritchie n’abuse pas des ralentis et autres joyeusetés techniques: celles-ci sont distillées avec parcimonie, et donnent toujours des scènes mémorables. Car oui, ce nouveau volet des aventures du détective de Baker Street distribue un certain nombre de scènes impressionnantes, que ce soit visuellement ou dans leur construction. La scène de poursuite en forêt toute en slow-motion, où les arbres éclatent les uns après les autres sous les balles ainsi que les rencontres entre Moriarty (enfin !) et Holmes sont sensationnelles, avec en point d’orgue cette magnifique partie d’échecs mentale entre le héros et sa Némésis. Il aurait été facile de tomber dans une repompe honteuse du premier film pour surfer sur ce qui avait marché avant, mais hormis la séquence de prégénérique, le film arrive à éviter cet écueil et à surprendre le spectateur. Ce serait quand même mentir que de trouver cette suite originale, mais les principaux clichés sont absents.

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Si le film est aussi bon en dehors de son explosion d’événements impromptus, c’est bien évidemment pour son casting assez incroyable. Au risque de défoncer les portes ouvertes, Robert Downey Jr est toujours aussi impressionnant dans ce rôle. Drôle, toujours juste, montrant les multiples facettes d’un personnage ambigu en permanence, difficile de faire mieux pour un personnage qui oscille toujours entre folie et intelligence extrême. Jude Law, plutôt en retrait lors du premier opus, est ici nettement plus en vue, impeccable en gentleman. Pas mon acteur préféré, mais je dois reconnaître son charisme. Et s’il y en a bien un autre qui crève l’écran, c’est Jared Harris, un Moriarty plus vrai que nature, dont le regard montre toute la cruauté à chaque instant. Un joli trio dont les relations auraient pu être encore plus développées, à mon sens, même si celle entre Holmes et le docteur Watson évolue depuis le premier film. Par contre, il faut bien avouer que c’est le désert du coté féminin. Sans en dire trop, les demoiselles n’ont pas une place énorme et c’est bien dommage, tant l’introduction d’Adler en tant que pendant de Holmes était réussie dans le premier volet… Dommage de ne pas avoir exploité cette idée encore une fois, tant les rôles de Noomi Rapace et Kelly Reilly sont faibles.

Avec un Robert Downey Jr toujours aussi cabotin, quelques scènes vraiment mémorables et un scénario bien sympathique à suivre, Sherlock Holmes 2 est le divertissement à voir en ce début d’année pour passer un bon moment. En espérant voir débarquer un troisième volet pour conclure la trilogie.