Ghost Trick

Comme toujours quand j’ai des périodes de boulot très chargées, j’achète énormément de jeux, alors que je n’ai même pas de temps d’y jouer… Pas très logique, mais ça me permet d’avoir chez moi les jeux que j’ai pu louper un peu plus tôt dans l’année. Et en ce moment, c’est sur Ghost Trick que je passe mes soirées après mes copies nooooombreuses à corriger, un soft DS qui avait eu de très bonnes critiques début 2011.

Assez étonnement, l’histoire commence par la mort du héros, ni plus, ni moins. On comprend assez rapidement que celui-ci vient d’être assassiné par un tueur à gages, mais que son âme a subsisté et se retrouve investie de « Ghost Tricks« , des tours de fantômes qui lui permettent d’intervenir sur la réalité, voire même sur le temps, afin de changer le cours des événements. Sissel, car c’est son nom, va ainsi devoir comprendre pourquoi il a été abattu dans une décharge publique, sauver l’unique témoin du crime pour avancer dans son enquête, et influer sur un certain nombre de faits en ville. Ce premier sauvetage est l’occasion d’un tutoriel scénarisé plutôt réussi qui permet de prendre en main les commandes du jeu.

Dans l’absolu, on a affaire à un point and click dans lequel on ne pourrait pas naviguer de lieu en lieu comme on le souhaite : un écran fixe, parfois suffisamment étendu pour pouvoir le déplacer au stylet et l’explorer, mais aucun réel déplacement tant que l’énigme en cours n’est pas résolue. Pour changer l’histoire, plusieurs actions sont disponibles : la première est de prendre possession de certains objets disponibles à l’écran, afin de se déplacer et de réaliser certaines actions. La portée est assez limitée, donc il faudra ruser pour atteindre certains objets situés assez loin des autres à première vue. Mais en contrepartie, on pourra utiliser le décor pour attirer un personnage, déclencher une réaction en chaîne et autres joyeusetés. Il sera aussi possible de discuter avec les macchabées croisés pour faire avancer le scénario et glaner de précieuses informations, ainsi que de remonter le temps jusque quatre minutes avant leur mort, avec, qui sait, la possibilité de l’empêcher. Un système qui assure une certaine variété et une progression par petite touche assez sympathique, même si certains passages chronométrés demanderont habileté et doigté !

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

A la réalisation, on retrouve Shu Takumi, déjà à la création pour la série des Ace Attorney, mieux connue sous le nom de Phoenix Wright sous nos latitudes. Et on retrouve une filiation immédiate avec ces titres : character design tout mignon, complètement typé manga (le héros m’a d’ailleurs furieusement fait penser à Trigun, avec sa chevelure blonde…), humour très particulier à la limite de l’absurde avec des personnages complètement barrés qui vous feront forcément sourire par leur capacité à se mettre dans la panade ou à avoir des réactions bien idiotes, mais Ghost Trick, c’est surtout une qualité d’écriture assez exceptionnelle, avec des répliques ciselées, des dialogues à la limite du culte et une histoire qui vous donnera envie de dire « allez, encore un chapitre, JUSTE un, et je vais me coucher ».

La durée de vie, parlons-en, est plus que convenable avec ses 18 chapitres à traverser, mais malheureusement, la difficulté n’est pas à la hauteur. Il semblerait que le jeu édité par Capcom ait préféré un jeu basé sur la narration et accessible à tous plutôt qu’un soft proposant un réel challenge et qui motiverait l’avancé par ce moyen. De la même façon, on pourra regretter que le jeu ne nous laisse trop souvent spectateur, avec des séquences de dialogues ou des cinématiques qui s’éternisent un peu. Faire attention donc à ne pas se lancer dans une partie pendant un court trajet, vous risqueriez d’être frustré…

Merveilleusement scénarisé, doté de graphismes plutôt jolis quoique très particuliers, avec un système de jeu agréable à utiliser, ce Ghost Trick réussit à marquer sa différence avec la série des Ace Attorney et offre une jolie aventure. Interdiction de passer à coté !