WWE’12

Les licences sportives ont toujours été un monstrueux filon pour les éditeurs : des clients potentiels par millions, une possibilité de se recycler à moindre coup d’année  en année en effectuant juste quelques retouches de gameplay et d’effectifs, et le moyen de vendre un jeu juste avec la bonne personne en pochette. Heureusement, les éditeurs ont commencé à se bouger et à sérieusement se remettre en question : après EA qui a bien remanié son FIFA pour plus de réalisme et commencé à restructurer ses autres licences, c’est THQ (pourtant bien mal en point) qui tente de donner un coup de boost à WWE avant que le titre ne soit en perte de vitesse. Petit tour du (nouveau) propriétaire.

Pas besoin de s’attarder sur une présentation de la série, tout le monde a déjà entendu parler de ces monstrueux shows américains où combattent catcheurs et divas dans le but de s’approprier les différentes ceintures de champions du monde. La série de THQ a choisi de reprendre ce principe et de proposer des combats réalistes, sans power-up ou autre bonus, pour se concentrer sur la mise en scène de ces affrontements. Aucune évolution de ce coté pour la licence, on garde un roster impressionnant (sauf du coté des divas, proposées en DLC…), avec des persos bien différents et pas mal d’arènes pour varier les joyeusetés.

Les modes de jeu n’ont pas changé non plus. On retrouve toujours la possibilité de jouer un match simple (avec tout un tas de possibilité : normal, match en cage, Royal Rumble…), de créer sa propre star du catch et la faire s’améliorer tout au long de dizaines de match ou le fameux « Road to Wrestlemania« , une sorte de mode Histoire qui permet de suivre différentes storylines prenant part dans l’univers de la WWE, avec des scénarios qui, forcément, font la part belle aux rebondissements et autres événements extrêmes. La seule véritable nouveauté est l’apparition de scènes backstages, avec des combats extrêmement simplifiés pour étoffer un peu les histoires, avec de jolies prises dans les vestiaires, sur les voitures des athlètes qui finiront souvent la tête dans une porte ou un distributeur de boissons. Un mode très agréable et d’une longueur décente, qui permet de prendre en main bon nombre de combattants et de vivre la WWE comme si on y était. THQ a bien fait de conserver cette recette en terme de contenu, et même si le jeu devient parfois un brin répétitif, les nombreuses surprises et récompenses à débloquer aident à avancer. Et bien évidemment, tout est entièrement customisable : héros et tenues, mais aussi les rings, les logos et les enchainements. Et rien n’est plus gratifiant que de voir que son Finisher du haut de la troisième corde, avec double-salto-saut-de-l’ange-écrasement-de-vertèbres-avec-les-pieds fonctionne.

Non, les véritables nouveautés sont en terme de gameplay : fini les prises au stick droit, avec une impulsion sur une direction pour chopper l’adversaire, et une autre direction pour déclencher la prise, tout se fait maintenant avec les boutons. Un changement radical qui perdra tous les habitués de la franchise. Pas forcément très intuitif, le nouveau système est un peu lent à prendre en main mais s’avère assez réussi avec un peu de maîtrise. L’introduction de dégâts localisés pimente un peu la chose et autorise un certain nombre de stratégie : viser la tête pour que l’adversaire soit plus vite KO, une jambe pour le ralentir ou viser le membre associé à son Finisher pour infliger plus de dégâts, tout est possible.

Les Finishers, parlons-en. Comme dans les épisodes précédents, les mouvements spéciaux se déclenchent grâce à une jauge qui se charge durant le combat. Mais il est maintenant possible d’enchaîner son spécial puis son Finisher afin d’avoir plus de chance de remporter le combat. Les Finishers sont d’ailleurs stockables pour pouvoir les utiliser plus tard, le match gagnant ainsi en tactique, pour pouvoir garder ses prises les plus puissantes pour le bon moment. Les combats se transforment ainsi en véritables joutes épiques, où les tombés et autres soumissions se succèdent avec de nombreux retournements de situation. Un gros plus pour l’immersion et pour le plaisir de jeu, qui permet à chaque match de ne pas totalement ressembler au précédent. La qualité graphique n’y est pas pour rien non plus : les athlètes sont plutôt bien réalisés, et les animations crédibles. On trouve bien quelques bugs de collision quand les combattants ne sont pas parfaitement alignés (en particulier vers les cordes) mais rien de terrible dans l’ensemble. Et que dire de l’habillage d’ensemble ! Entre les menus parfaitement dessinés, les logos WWE disséminés un peu partout et les pancartes dans le public, on peut dire que les choses n’ont pas été faite à moitié. Seul les commentaires, parfois un peu simples, gâchent un peu l’ensemble. Mais ce n’est que partie remise…

Véritable enchantement pour les fans, ce WWE se veut aussi accessible pour les nouveaux venus. Alors bien sur, la nouvelle prise en main surprendra les vieux de la vieille, mais c’est au bénéfice de duels plus animés où tout est vraiment possible. Avec un mode Histoire plutôt sympa aux multiples rebondissements et la possibilité de créer sa star, la durée de vie est assurée !