FIFA Street

Après avoir fortement remanié sa licence FIFA ces dernière années, en se rapprochant toujours plus du réalisme absolu en obligeant le joueur à bien faire tourner le ballon et à défendre proprement, EA Sports a décidé de ressortir du placard FIFA Street, qui avait eu son petit succès du temps de la PS2. Mais comment retrouver une recette qui marche sur le grand public afin d’éviter un échec retentissant à la FIFA Street 3 ?

Plutôt que de retoucher sa formule et d’améliorer ce qui pouvait l’être, l’éditeur a préféré faire table rase du passé et  repartir sur de nouvelles bases en confiant son nouveau bébé au même studio que celui qui s’occupe de la fournée annuelle du « vrai » FIFA. Comprenez ici que l’influence de la licence mère est omniprésente dans cette nouvelle itération de FIFA Street. Déjà graphiquement : fini le cel-shading pas forcément très inspiré du précédent jeu (même si il faut reconnaître que c’était original et collait bien à l’esprit du jeu), fini les effets lumineux, les indications à outrance et le coté fluo, l’esthétique globale du titre se veut beaucoup plus soft, jouant plutôt sur le réalisme des personnages plutôt que sur la démesure. Il en résulte quand même un jeu un peu triste et aux couleurs bien fades, les arènes n’étant pas franchement colorées. L’habillage sonore a lui largement baissé en qualité : on a souvenir des commentaire de Kool Shen dans le premier épisode et des BO fantastiques des deux premiers volets et ici on reste plongé dans du dubstep-électro-reggae pas franchement agréable à l’oreille durant les matchs. Après les grosses découvertes des volets FIFA, la chute est lourde. Heureusement, des commentaires fusent dans tous les sens depuis les gradins et les bancs de touche, avec des provocations bien sympa.

Une fois cette grosse surprise digérée, c’est le gameplay qui attire toute notre attention : bien moins nerveux qu’auparavant, il n’autorise plus les tours de joystick un peu aléatoires pour enchaîner les tricks jusqu’à plus soif, et oblige à penser chaque action. Le jeu perd donc en accessibilité, clairement, pour transformer chaque match en véritable combat. Il faudra ainsi parfaitement doser sa rotation de stick pour sortir l’enchainement souhaité au moment où l’adversaire se jette, et apprendre à défendre avec le système de défense tactique. Les matchs perdent donc en rythme mais gagnent en variété là où ceux de FIFA Street 3 étaient terriblement ennuyeux de répétition. Les styles de jeu sont bien marqués, et on pourra toujours tenter une percée sur une belle accélération après avoir fait tourner le ballon façon Barça, ou se la jouer bling-bling en trickant à chaque touche de balle. Les gestes techniques, eux, sont bien moins spectaculaires aussi (ils sont d’ailleurs presque tous repris, manipulations comprises, des derniers FIFA), et on note la disparition du GameBreaker, cette jauge qui se remplissait petit à petit pour donner opportunité de déclencher une frappe digne d’Olive et Tom qui rentrait quasiment à tous les coups dans les filets adverses.

Niveau contenu, c’est plutôt raisonnable. En dehors du match isolé à jouer contre l’IA ou contre un pote, voir contre un adversaire sur Internet avec quelques équipes nationales et les clubs officiels des championnats majeurs, on trouve un mode baptisé World Tour qui fait office de plat de résistance. On crée ses joueurs, son club, et c’est parti pour faire reconnaître sa team au niveau mondial. Il faudra relever divers défis pour progresser, du simple match au tournoi avec des lots à la clé (vêtements pour les joueurs) suivant la difficulté dans laquelle vous vous imposez. Il est même possible de jouer ces tournois contre des joueurs sur le Net, débloquant automatiquement les récompenses de plus haut niveau. Une bonne idée pour mélanger solo et multi sur un même mode. Et c’est sur le terrain qu’une autre nouveauté vous attend : hormis les classiques matchs à 5 contre 5 ou à 6 contre 6, ainsi que les matchs où ce sont les passements de jambes et autres louches qui donneront des points, c’est le futsal qui fait son apparition, avec ses règles précises : pas de mur, des remises en touches faites au pied et un nombre de fautes limitées. Suffisamment de variantes pour ne pas s’ennuyer tout de suite et prendre du plaisir à défier des gens aux quatre coins du monde. De ce que j’ai pu en tester, le code réseau est plutôt stable, pas de rencontre de joueurs aux connexions défaillantes, même si on pourra regretter un manque de fair play des opposants en ligne

Cette nouvelle itération de FIFA Street n’atteint pas encore des sommets, mais laisse présager d’un très fort potentiel pour de futures suites. Plus posé, plus tactique, on perd en fun ce qu’on gagne en intensité durant les matchs, où il faut s’arracher jusqu’à la dernière seconde. Une réussite sur laquelle je n’aurai pas parié il y a quelques semaines.

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