Dragon Ball Z Ultimate Tenkaichi

Comme chaque génération de console, la PS3 a droit à son flot de jeu tiré de la licence Dragon Ball. Et comme souvent, les premiers titres n’ont pas été particulièrement marquants, c’est juste s’il faut noter un Raging Blast 2 plutôt sympa mais loin d’être transcendant, un jeu pop-corn pour passer une bonne après-midi. Mais le vrai jeu emblématique, comme l’a été Budokai 3 PS2, reste encore à créer. Et quand Spike annonce vouloir créer un gameplay pour coller au plus près du dynamisme et de la puissance dégagés par les combats du manga originel, on ne peut que trépigner d’impatience.

En tant que spectateur, le pari semble vraiment réussi : les personnages sont bien modélisés, avec ce petit effet mi cel-shading, mi dessin animé qui tape la rétine, ça bouge pas mal, les combos sont dynamiques, on a vraiment l’impression de revoir la série animée. Il est très très dommage, par contre, que les arènes soient si vides. Si beaucoup de combats se jouent dans des zones désertiques, il n’est pas normal que le stade des tournois Budokai ou les environnements urbains soient si mal « meublés ». Et je ne compte pas les explosions de bâtiments qui s’effondrent en polygones mal taillés et dont les débris se volatilisent en un clin d’œil… Mais franchement, on oublie très vite ces détails cosmétiques lorsque qu’un combat s’interrompt pour enchaîner avec une cinématique faite avec le moteur du jeu où les protagonistes se chambrent (en japonais please !), avant de nous redonner les commandes pour lancer une attaque ultime qui clôturera le combat avec une sublime vue de l’espace pour montrer la violence du coup ou une vue du champ de bataille complètement ruiné…

Passé ce moment de contentement visuel qui dure une dizaine de minutes, et bien… On se fait un peu chier… Déjà parce que le jeu ment sur sa véritable orientation dès son titre : la sous-série Tenkaichi est connue pour laisser une grande liberté au joueur, transformant les combats en parties de cache-cache derrière les rochers pour attaquer au bon moment. Ici, les duels sont clairement orientés corps à corps, l’adversaire est pratiquement toujours en visuel (et c’est tant mieux tant la caméra est capricieuse lorsque les personnages sont près des décors…) ou très proche du joueur. Impossible de jouer durablement sur les déplacements pour trouver une faille dans la défense adverse.

Mais surtout, c’est le gameplay tout entier qui est bancal, mais vraiment très bancal. Pour offrir des combats qui claquent, Spike a vendu son jeu a l’esprit QTE. Si en général ça ne me dérange pas (j’ai adoré Asura’s Wrath et Heavy Rain parce que ça s’intégrait bien dans une histoire hyper balisée et scénarisée), c’est tout bonnement merdique pour un jeu de combat. Comprenez que les combats s’organisent en deux phases : soit vous êtes au contact et vous allez matraquer les boutons pour enchainer les combos, soit vous êtes à distance… et vous allez faire la même choses pour spammer des boules d’énergie. Tout cela jusqu’à ce que la séquence d’esquive se déclenche, autorisant jusqu’à trois choix suivant la hauteur de votre Ki, et qui consiste juste à appuyer sur le même bouton que l’adversaire. Et c’est tout, la totalité de la tactique des combats repose là dessus, seul le choix du bouton d’attaque influant un peu sur le remplissage de la jauge des super attaques. C’est redondant, et au bout de trois combats, vous aurez l’impression de toujours faire la même chose.

Si seulement les modes relevaient le niveau, il y aurait de quoi avoir envie de prolonger l’aventure : mais entre des tournois hyper classiques et un mode Story qui retrace tout DBZ et un peu DBGT mais en enchaînant des séquences sans lien vraiment entre elles, c’est du déjà vu mille fois et sans grand intérêt (et bon dieu, ces combats contre des adversaires géants… Une plaie !). La seule innovation, un mode Avatar où l’on peut créer son perso (un rêve !!!), est plombée par une personnalisation quasi inexistante (du moins au démarrage), un scénario ridicule et une façon de progresser inintéressante (choisir un maître pour apprendre ses coups, et ne pas pouvoir en changer avant un certain seuil d’apprentissage). Ah, et ne comptez pas trop sur le multi (si vous avez vraiment envie de jouer à « choisis pas le même bouton que moi » avec un humain), sur 10 matchs, il m’a été impossible d’en finir un. Et je ne jetterai pas de pierre sur mes adversaires un brin mauvais joueur et je leur laisserai le bénéfice du doute, vu qu’aucune sanction n’a été prise pour aucun des joueurs… Problème de serveurs ?

Vous l’aurez compris, sans être une daube, ce « Ultimate » Tenkaichi est décevant et est une bien piètre expérience. Faites jouer votre petit frère et profitez des combats et des attaques impressionnantes, mais ne touchez pas le pad sous peine d’être très déçu. Sauf si vous êtes un fan hardcore, bien entendu.

Vous voulez vous faire votre propre avis ? Le jeu est disponible chez le partenaire LDLC