Picross, une drogue à l’état brut

Si vous me suivez sur Twitter ( et que vous supportez mes bêtises et mes coups de gueule !), vous savez que le Picross est assez souvent mentionné dans ma TimeLine, surtout dans les heures tardives de la nuit. Petit retour sur un jeu de réflexion pas comme les autres, capable de faire passer les heures à vitesse grand V !

Le Picross n’est pas forcément le plus connu des jeux cérébraux, mais c’est à mon sens l’un des plus abordables et l’un des plus amusants dans le sens où terminer une grille apporte une petite récompense, et que toute personne n’a besoin que de sa réflexion pour y arriver.  Pour faire simple, le jeu consiste en une grille quadrillée rectangulaire (mais souvent carrée) dont chaque colonne et chaque ligne est annotée de nombres. Le but est de noircir certaines cases de la grille en utilisant ces nombres pour faire apparaître un dessin en pixel-art.

Comment ? C’est finalement assez simple : une ligne annotée avec « 2-2-7 » comme la sixième ligne de l’exemple dynamique ci-dessous indique que sur cette ligne, on trouvera un bloc noir de deux cases, un second bloc de deux cases puis un troisième et dernier bloc de sept cases. Ces blocs seront forcément séparés par au moins une case blanche, mais rien n’est indiqué sur leur nombre exact. Il faudra perdre quelques neurones et s’aider des autres lignes/colonnes pour deviner combien de cases blanches sont devant le premier bloc, combien sont entre les deux premiers blocs, combien sont entre les deux derniers blocs, et finalement combien sont situées derrière le dernier bloc. Ouf !

 

Bien évidemment, il est interdit de tricher en tentant de remplir quelques cases au hasard, et ceux qui tenteront le coup quand même risquent de se mordre les doigts quand ils découvriront que les 3-4 dernières cases ne correspondent pas aux numéros, et qu’il faut donc tout recommencer. Niark niark !

Plutôt abonné aux rayons presse des kiosques de gare sous le nom de logimage (beurk) ou de Hanjie pour les adeptes de la langue de Kurosawa, le Picross a réussi à se tailler une jolie petite réputation sur les consoles Nintendo, en particulier grâce aux petites portables de Big N. Le premier épisode sort donc en 1995 sous le nom de Mario’s Picross en Europe, sur l’antique Game Boy (et sur eShop maintenant) avec ses couleurs vertes/jaunes capables de vous flinguer les yeux par faible luminosité. Pourtant, le jeu était diablement accrocheur malgré ce manque de confort visuel : un grand nombre de puzzles, une progression dans la difficulté parfaitement dosée et même quelques tutoriaux pour expliquer sur des grilles minuscules comment attaquer tel ou tel problème. Bien évidemment, le joueur imprudent sera sanctionné puisque une erreur fait perdre du temps au chronomètre, celui-ci étant limité à 30 minutes pour résoudre un niveau; Et plus les erreurs s’accumulent, et plus les pénalités sont lourdes…  Même si, une fois le concept bien connu, on se rend compte que la grande majorité des grilles sont relativement simples surtout avec l’aide optionnelle proposée, mais le fait de jongler entre les différents modes, dont le Time Trial qui demande de résoudre une grille le plus vite possible sans nous indiquer les potentielles erreurs, permet de passer d’excellents moments un peu partout. Et puis, découvrir que l’image sur laquelle on vient de passer du temps est un personnage bien connu extrait de Super Mario Bros, ça fait toujours son petit effet. Une suite sortira d’ailleurs très vite en modifiant un brin le système de grille, puisque ici les images sont découpées en plusieurs grilles pour permettre des images plus grandes et plus détaillées. Avec quelques idées mal fichues (comme déplacer un personnage pour ouvrir une nouvelle grille, lent et inutile), cet épisode (ainsi que son successeur sur SNES) a bien fait de rester au Japon à mon sens…

 

Il est quand même assez étonnant de devoir attendre 2007 pour revoir la licence débarquer sur DS (même si quelques ancêtres du DLC ont été publiés via Sattelaview…) alors que le concept est, encore une fois, hyper approprié pour une console portable qui a forcément besoin de son lot de jeu de réflexion pour les transports. Avec toujours Jupiter au développement, difficile d’être déçu toutefois, le travail a été bien fait pour un retour du casse-tête. Retour au choix classique du niveau via un menu, mais très intelligemment, l’éditeur oblige à terminer un certain nombre de tableaux pour accéder aux suivants. Impossible donc d’aller tout de suite aux derniers niveaux, il faudra forcément passer par toutes les catégories pour débloquer les suivantes. D’ailleurs, ceux qui termineront l’intégralité des niveaux se verront récompensés avec une ultime catégorie (deux en fait, une par niveau de difficulté…) centrée sur des hommages à Big N. Sinon, on retrouve comme mentionné juste avant un classement thématique des puzzles, avec des catégories variées comme les sports, le désert, les aliens, les métiers…
Qui parle de DS, pense forcément au tactile : peut-être est-ce parce que j’ai beaucoup (trop) joué aux versions antérieures, mais le résultat ne m’a pas convaincu. Pour utiliser le stylet de façon optimale, il faut forcément jouer en permanence avec le zoom/dézoom. Si l’ergonomie est nickelle (les commandes sont accessibles via la croix de direction ou les boutons, de façon à garder le stylet dans la main), il devient vite énervant de jongler entre les différentes présentations de la grille. Donc si vous recherchez les highscores, préférez le bon vieux combo croix-boutons. Du point de vue de la difficulté, attendez-vous à en baver : bien revue à la hausse, certaines énigmes prennent beaucoup de temps et il faudra être très minutieux pour éviter les erreurs bêtes. Moi qui aime avancer vite sur une grille, j’ai parfois été frustré de trouver « plus fort que moi ».
Deux autres nouveautés permettent de rendre cette version indispensable à tout amateur : un mode multi-joueur qui invite à défier des inconnus ou des amis pour voir lequel résoudra la grille le plus rapidement, et un simili mode Kawashima qui propos chaque jours des mini-jeux comme résoudre des grilles dans lesquelles il manque des chiffres etc…

Rebondir après un très bon jeu est toujours compliqué… Et plutôt que de se reposer sur ses lauriers, Nintendo refile son bébé à HAL Laboratory, studio connu pour Kirby et Smash Bros, et donne littéralement une autre dimension au soft. Fini la 2D, bienvenue la 3D ! Les puzzles s’organisent ainsi comme de gigantesques pavés/cubes dans lesquels il faut tailler pour éliminer les blocs superflus et marquer ceux à garder. Mine de rien, la révolution est énorme car si le principe de jeu reste le même, modulo quelques indications sur les cubes pour expliquer si il y a 1, 2 ou plus de groupements de cubes, la façon de penser est radicalement différente. Il faudra bien éplucher toutes les couches du volume pour repérer toutes les indications, les endroits par où attaquer de façon sûre la structure et apprendre à utiliser toutes les rotations possibles de l’objet. Un vrai renouveau qui place cet épisode comme le meilleur de la série, tant il est agréable (ici) de jouer intégralement au stylet.
En plus du nombre important de levels (et le retour des objets en plusieurs pièces qui s’imbriquent) et de la présence d’un éditeur de niveaux (hérité de l’épisode précédent), il faut noter le vrai gros travail fait sur l’esthétique : encore plus colorée, mais surtout avec un design très kawaï, difficile de ne pas craquer pour ces figures qui bougent une fois la résolution effectuée, le temps d’une petite animation bien sympathique.

Maintenant, il ne reste qu’à croiser les doigts pour que les épisodes eShop débarque sur 3DS très vite (2 déjà publiés au Japon…), parce que je commence à me ronger les doigts à finir ces épisodes que je connais déjà par coeur

 N’hésitez pas à essayer, sur Internet directement même si on trouve beaucoup de déchets, sur papier si vous avez la motivation d’imprimer des grilles faites par les fans, souvent sublimes, ou mieux sur console Nintendo pour profiter du savoir faire de Big N. Vous ne serez pas déçus. Et si vous avez besoin de conseil, ou envie d’en discuter, lancez-vous !