Batman The Animated Series : 10 épisodes à ne pas manquer

Des souvenirs des séries télé de notre enfance, on en a tous. Il suffit de voir comment, encore aujourd’hui, on connaît encore par cœur la plupart des génériques (aussi pourris soient-ils) de cette époque. Mais finalement, si on regarde précisément le nombre de séries qui ont réellement compté pendant cette période, il y en a très peu. Et si on se restreint encore à celles que l’on regarde avec plaisir encore aujourd’hui, on les compte sur les doigts d’une main (ou presque). Personnellement, je crois qu’il y en a trois: DBZ pour sa formidable épopée époque Freezer, Sherlock Holmes par Ghibli pour sa poésie et son générique merveilleux, et la toute première série animée adaptée des aventures de Batman, mon premier pas dans l’univers des super-héros.

Cette série animée avait tout pour plaire : des scenarii toujours bien écrits, une animation soignée et des doublages VF assez extraordinaires quand on se rappelle de cette époque manga où les doublages étaient effectués au kilomètre. C’est donc tout naturellement que j’ai eu envie d’en parler, et plus particulièrement de ces 10 épisodes marquants, que ce soit pour leur ambiance, leur musique ou leur importance dans le monde de Batman…

Joyeux Noël Batman

Deuxième épisode dans l’ordre idéal de diffusion, il marque l’apparition de la plupart des éléments principaux de la série : Robin, Arkham, et le Joker entrent dans la série animée ici ( le premier épisode étant consacré à l’alter-ego de l’homme chauve-souris, Man-Bat). Et déjà, on sent l’ambition de la série : proposer quelque chose de soigné, accessible aux enfants, mais bourré de références aux comics et aux autres types de divertissement. Si l’animation est encore balbutiante et que le scénario n’a rien d’exceptionnel (le Joker enlève des proches de Batman le soir de Noël et veut les exécuter si Batman ne vient pas les délivrer), l’ambiance est assez ahurissante : musique un peu mystérieuse, références aux films des années 50, décors géants à la hauteur de la démesure du Joker, de quoi présenter la nemesis de Batman dans les règles de l’art.
Et puis, personnellement, cet épisode restera l’un de mes petits chouchou pour la sublime blague de Robin à son mentor, alors que celui-ci se défend des avions miniatures envoyés par le Joker à l’aide d’une batte de baseball : « Hé on peut dire que tu sais manier la batte, man! »

Morts de rire

Deuxième épisode choisi, et deuxième apparition du Joker ! Forcément, tant il est joueur et charismatique dans cette adaptation. Encore une fois, le scénario n’est pas extraordinaire, tout y est absolument prévisible: le Joker tente d’empoisonner la totalité de Gotham à l’aide de gaz hilarants, tandis que le justicier masqué essaie de l’arrêter. Mais c’est un vrai combat qui oppose les deux ennemis et la présence d’un lieutenant du Joker, le Capitaine Clown rehausse l’ensemble d’un peu de tension. Mais surtout, deux choses font entrer cet épisode dans les plus plaisants de la série. La première, c’est ce fabuleux ending qui calque la scène de création du Joker du Batman de Burton. Sauf qu’ici, Batman sauve le Joker d’une chute qui pourrait lui être fatale. La seconde, c’est cette bande sonore magnifique qui habite cet épisode, avec ce thème bien particulier qui reste en tête pendant des heures.

Thème de l’épisode « Morts de rire », appelé « Fugue en sol Joker » en hommage à un autre épisode, remix d’ADN sur une création de Shirley Walker :
Fugue en Sol Joker (morts de rires-ADN Mix)

Le Plastiqueur fou

Attention, chef d’œuvre ! Le Plastiqueur fou est un épisode éminemment cinématographique qui rend hommage aux serials et autres pulps. Des attentats à l’explosif sont commis à Gotham selon l’histoire exacte d’un épisode du Fantôme Gris, la série qui a habité l’enfance de Bruce Wayne. Et Batman, à la recherche de tout indice pouvant l’aider, va devoir faire sortir l’acteur qui incarnait le Fantôme Gris, Simon Trent, de sa retraite. Un épisode particulièrement touchant, montrant comme très rarement la jeunesse heureuse de Wayne, et qui apporte son lot d’émotions quand les deux héros s’associeront pour résoudre l’enquête. Batman aux cotés de l’une de ses inspirations majeures, une situation inédite pour celui qui a toujours le rôle du père/mentor. Techniquement, l’épisode est vraiment réussi, alternant les séquences en noir et blanc et les séquences « en couleur », mais restant dans tes tons très sombres. La musique, inspirée des séries de l’époque, et le doublage de Trent, assuré par Adam West, le Batman des 60’s, renforcent clairement la portée de cette histoire. Une réussite sur tous les plans, qui multiplie aussi les références aux comics, le Fantôme Gris étant clairement inspiré du Shadow et du Spirit.

Chantage à crédit

Joker, le retour ! Encore un épisode majeur pour le clown le plus célèbre du monde de la BD. Et à partir de maintenant, il n’est plus seul ! Fait assez rare dans les séries animées, Chantage à crédit voit l’arrivée d’un nouveau personnage qui se répandra ensuite dans tout le Batouverse et deviendra source d’adulation par les fans. Il s’agit en effet de la première apparition de Harley Quinn, l’ex psychiatre devenue criminelle pour les beaux yeux du Joker. Sinon, l’épisode tourne autour d’une histoire de trahison, obligeant le Joker à intervenir pour assassiner la taupe qui l’a balancé. Un scénario beaucoup plus adulte, peu de choses étant faites pour édulcorer le contenu, mais c’est surtout le côté réellement psychopathe du Joker qui intervient enfin : on retrouve ici un être froid et manipulateur qui aime torturer psychologiquement sa victime avant de passer à l’action, assez proche du Joker dépeint dans The Killing Joke, et bien éloigné des standards enfantins. La série a enfin atteint sa maturité.

Rêve ou Réalité ?

Peu de description sur cet épisode pour ne pas spoiler l’histoire. Mais en tant que fan d’elseworlds, ces aventures reprenant des personnages connus pour les déplacer à un autre instant temporel ou une autre version de la planète, je ne pouvais pas ne pas mentionner cet épisode. Batman n’est plus. Batman n’a en fait jamais existé. Parce que les parents de Bruce Wayne n’ont jamais été assassiné. Maintenant, est-ce le bonheur d’une nouvelle vie qui s’offre à lui, ou tout cela n’est-il qu’un rêve… ? Un épisode « différent » qui laisse un gout étrange dans la bouche. Un must-see.

L’Énigme du Minotaure

Premier épisode qui voit apparaître l’Homme Mystère. Et donc un épisode extrêmement riche, où les énigmes sont omniprésentes. Ici, tout n’est que gigantesque jeu de piste bourré de pièges mortels, devinettes tirées par les cheveux (la traduction s’en sort plutôt pas mal) et délires tirés d’un cerveau fou. Car on sent bien que cette histoire est un moyen pour les auteurs de laisser libre cours à leur imagination, de sortir des environnements sombres pour proposer des décors colorés. Et l’épisode fonctionne bien, avec un joli tandem Batou/Robin pour conclure l’enquête. Un épisode plus joyeux donc, plutôt orienté vers le jeune public.

Il s’en est fallu de peu

Un épisode un peu particulier, puisque ce n’est pas vraiment Batman qui en est le héros. 5 des plus grands criminels de Gotham sont assis autour d’une table et se racontent comment chacun d’entre eux a failli, un jour, en finir avec la chauve-souris. Fonctionnant tout en flashbacks, on assiste ainsi à la défaite de chacun, battu par Batman. Une ode au justicier masqué et à ses méthodes au travers des lamentations de ses ennemis, qui bien qu’essayant d’enjoliver la situation, ne peuvent que reconnaître la supériorité de Batou. Et ce ne sont pas ces histoires qui leurs feront comprendre que l’union pourrait être leur force…

La Quête du démon

Un nouvel épisode majeur pour la mythologie du Batverse : Ra’s Al Ghul apparaît ici pour la première fois, et avec lui les fameux puits de Lazare. Après l’enlèvement de Robin et de Talia (la fille de Ra’s, apparue quelques épisodes plus tôt), les deux personnages doivent s’associer pour les retrouver malgré leur inimitié. Dur de ne rien dévoiler du scénario tant il est bien rodé, avec ses rebondissements, ses dialogues entre rivaux qui ne se passent rien, et surtout son ambiance exceptionnelle. Car lors de la deuxième partie de l’épisode, Batman doit se rendre dans la forteresse du désert pour empêcher l’apocalypse. Et l’histoire devient un gigantesque hommage au film d’amour des années 50, avec la passion qui nait entre Talia et le Caped Crusader au milieu des dunes et ses compositions musicales orientales, véritable référence à Casablanca. Et la présence de Ra’s, vrai méchant froid, calculateur et machiavélique, ne fait que renforcer ce sentiment d’épisode maitrisé de bout en bout.

Une âme de silicone

Une âme de silicone reprend un thème déjà abordé plusieurs fois dans l’univers des comics, mais qui reste toujours aussi apprécié : le double (le plus connu étant Ben Reilly, le clone de Peter Parker). Ici, Batman doit affronter un androïde lui ressemblant trait pour trait, mais qui est persuadé d’être le véritable justicier. Mais lequel suivons-nous dans cet épisode ? Le vrai, ou le clone ? La mise en scène de l’épisode laisse planer le doute un petit moment, installant une ambiance très particulière qui déstabilise un peu. Le reste de l’histoire est plus classique, mais méritait d’être mentionné pour le jeu sur les codes qu’il installe.

Procès

Le dernier épisode est un peu spécial aussi. Enfin, les méchants s’allient pour battre l’homme chauve-souris. Mais étonnement, ce n’est pas à sa vie ou à son identité qu’ils en veulent, mais juste à sa « culpabilité » quand à leur existence. Batman et le nouveau procureur Van Dorn sont ainsi enlevés pour que le chevalier noir soit jugé. Et c’est Van Dorn, qui ne demande qu’à faire condamner Batman, qui devra le défendre si elle veut sauver leurs vies. Très original, le scenario est particulièrement bien écrit et montre beaucoup d’ingéniosité pour réussir à défendre le cas Batman. L’épisode se rapproche ainsi des différents comics, qui suggèrent que c’est la présence de Batman qui attire les psychopathes, et non le contraire.

La série connaitra une suite qu’il est impossible de ne pas mentionner : The New Batman Adventures. Si le design de certains personnages change légèrement, il s’agit bien de la prolongation naturelle de la série précédente, avec l’apparition de Nightwing et d’un nouveau Robin ainsi que des histoires qui se veulent dans la continuité de The Animated Series. Elle livrera deux des plus beaux épisodes de cette génération animée : Amour fou qui revient sur les origines du personnage d’Harley et éclaire son amour pour le Joker et Légendes du Chevalier Noir qui rend hommage à la série télévisée des années 60  en reprenant son esthétique très kitsh et au fabuleux comic-book de Frank Miller The Dark Knight Returns, dont l’histoire est narrée par une apparition surprise.

En espérant que ces quelques résumés vous aient plus, et qu’ils vous donnent envie de (re)découvrir cette magnifique série qui fête ses 20 ans.