Lego Batman 2 : DC Heroes

4 ans après un premier épisode bien sympathique avec sa double campagne héros/villains, les LEGO sont de retour dans le monde de Batman. Et histoire de mettre un peu plus le Bronx dans Gotham City, pas mal de nouvelles têtes font leur apparition ici, pour le plus grand bonheur des comicsophiles. Le problème est de savoir si le jeu réussit à tenir sur la longueur ou s’il nous ressert toujours la même formule, qui commence à s’essouffler depuis Lego Harry Potter (et même Indiana Jones ). Platine en poche, voilà ce que j’en ai pensé…

Si l’on s’en tient aux niveaux du jeu proprement dit, à leur construction et à la façon de les parcourir, absolument toutes les règles des précédentes productions Travellers’ Tales ont été conservées. Comprenez par là que les niveaux sont plutôt vastes et remplis d’un nombre incalculable d’objets destructibles afin de récupérer des pièces LEGO, mais sont souvent scindés en tableaux qui empêchent un retour en arrière afin de poser quelques bornes au joueur et éviter qu’il ne se disperse trop. Bien entendu, il faudra construire divers engins pour progresser à l’aide des morceaux trainant à terre, utiliser les différents costumes de Batman et de Robin pour vaincre les ennemis, résoudre les énigmes et continuer à avancer. Peu de surprise de ce côté là, et l’objectif sera toujours d’obtenir un nombre suffisant de pièces, de libérer l’otage et de retrouver les 10 minikits planqués dans les levels.

Heureusement, le casting s’est bien élargi depuis le premier volet ! Et si une bonne partie du jeu se fait avec le duo de choc Batman et Robin et leurs différentes combinaisons (furtivité pour passer les caméras, super-force et tir de bombes, acrobate pour le double-saut…), introduisant un bon nombre de situations particulièrement bien trouvées, pas mal des héros de chez DC feront une apparition plus ou moins marquée pour un peu plus de diversité, mais surtout ramènent leurs propres super-pouvoirs. Et vu qu’il faudra refaire les levels au moins une fois pour découvrir toutes les surprises parfois bien planquées, pouvoir jongler entre un tas non négligeable de capacités est assez fun, même si certaines sont parfois des redites de celles d’autres persos. Traveller’s Tales n’a pas non plus mâché aux joueurs expérimentés, puisque la trame principale ne débloquera que peu de personnages jouables. Pour les obtenir tous (et dans les ténèbres les lier), il faudra passer du temps dans la très grosse nouveauté du jeu…

Ce nouvel opus introduit ainsi un monde ouvert que l’on peut parcourir entre les missions/niveaux dès que l’on a un brin avancé dans le jeu. Autrement dit, il est possible de circuler librement dans Gotham toute entière pour l’explorer, à pied ou au volant d’un des nombreux véhicules disponibles. Mais contrairement aux jeux qui ne s’appuient que sur cet aspect, les missions ne sont pas clairement indiquées. A vous de bien étudier la carte (qui indique tout de même tous les bonus à découvrir des quartiers déjà explorés) pour savoir où fouiller. Au programme, des citoyens à sauver des griffes des méchants, des parcours pas forcément toujours évidents exploitant des combinaisons de costumes différents, des briques rouges débloquant de gros bonus et des personnages à débloquer, en les battant puis en les achetant. Du boulot, du boulot, du boulot ! Cette phase est plutôt bien calibrée si l’on fait abstraction d’une sorte de GPS complètement inutile et qui n’apporte absolument rien pour se diriger, nous noyant sous les icônes sans explication. Autre déception, on laisse très rapidement les véhicules de côté pour n’exploiter que les héros volants, bien plus sympas à jouer.

Mais qui dit jeu LEGO dit forcément gros problèmes techniques : comme toujours, si les personnages sont modélisées avec soin et réussite, les décors laissent un peu plus à désirer. Non qu’ils aient été bâclés, mais leur affichage est complètement aléatoire. Il arrive de passer (en particulier dans la ville) plusieurs fois au même endroit pour ne voir apparaître un élément essentiel qu’au passage suivant. Même chose pour les parcours en pleine ville, dont on trouve rapidement le point d’arrivée mais dont trouver le point de départ peut s’avérer compliqué quand le costume adéquat pour le démarrer n’apparaît que quand on se trouve à moins de 3 mètres de lui.

Le jeu n’est pas exempt de problèmes de caméra non plus, en particulier avec les personnages volants. Leurs commandes sont déjà particulières à prendre en main, avec des personnages qui avancent toujours plus que ce que l’on veut, mais quand la caméra devient folle et choisit la vue la moins appropriée pour aborder une situation, on perd pas mal de temps à replacer manuellement ladite caméra. Sans compter les quelques problèmes de collisions (avec une IA qui reste parfois coincée sur une poutrelle ou contre un mur) qui donnent envie de râler parfois, même si on s’y attendait.

Pourtant, le background a été suffisamment travaillé pour qu’on ait envie de dépasser ces accrocs : déjà, parce que le scénario est plutôt sympathique à suivre et permet de confronter pas mal de persos que l’on ne voit pas souvent dans les JV. Si forcément on sait où elle va nous emmener, cette histoire inédite reste rigolote et bien tournée, à défaut d’être réellement surprenante. Il en reste après l’avoir fini quelques bons moments épiques tout de même, avec ces passages faisant la part belle aux véhicules et obligeant à trouver les bons éléments à shooter pour avancer, ou ces affrontements contre les boss souvent bien trouvés. Autre nouveauté, les personnages sont maintenant doués de parole ! Ce qui amène des introductions de niveaux façon JT présenté par Vicky Vale, avec cette pointe d’humour toujours présente. Voir des héros toujours à la ramasse, voire le côté prétentieux de Superman ressortir dans les cinématiques est un gros plus pour l’ambiance générale du titre, et certaines conclusions de niveaux surréalistes ne pourront que vous faire rire (le coup des perruques, par exemple…). Dommage que le doublage soit parfois inégal entre les principaux protagonistes, et que la VF soit juste bonne. Parce qu’entendre son petit Joker d’amour avec une voix assez étrange, ça touche. Mais l’ensemble des compositions sonores du jeu relève bien le niveau, avec des musiques discrètes mais toujours cohérentes avec l’action. Et la première fois que retentit le thème de Superman par John Williams, difficile de ne pas esquisser un sourire.

Niveau contenu, le jeu assure : 15 niveaux qu’il faudra faire au moins deux fois (et sans y aller à reculons), 250 briques dorées et 20 rouges à débloquer en réalisant les différents objectifs présentés plus haut, il sera difficile d’en faire le tour en moins de 25h, et encore en allant en ligne droite et en priant pour trouver les bons extras tôt dans le jeu. La difficulté est plutôt bien dosée, ne bloquant que très rarement le joueur et lui offrant un challenge à sa portée.

Sans aucun doute, ce Lego Batman 2 : DC Heroes est le meilleur soft LEGO sur lequel j’ai pu poser mes paluches depuis pas mal de temps. Prenant, il fait vite oublier les contraintes et défauts techniques pour se lancer sur le chemin des 100%. Forcément, le fait que je sois fan de comics a bien aidé, mais le jeu garde suffisamment de surprise pour être vraiment divertissant et même surprenant. A déguster d’un coup, ou par petits bouts.

Disponible aussi chez le partenaire LDLC ici